BERNARD HERRMANN. 1911+1975. (Compositeur)

C’est une multitude de musiques de films, de séries télé, que Bernard Herrmann a composé durant sa vie. De « Citizen Kane » au « Le Jour Où La Terre s’Arrêta », en passant par « Psychose », « Taxi Driver », « Les Oiseaux ». Il a ainsi travaillé avec les plus grands réalisateurs, Alfred Hitchcock, Orson Welles, Brian De Palma, Martin Scorsese, Joseph Mankiewicz, Robert Wise, François Truffaut, pour ne citer que les plus importants. À côté de cela, il faut rajouter des Cantates, des Suites Symphoniques, des Oratorios, des Symphonies, un Opéra, et une comédie musicale.

On peut donc vraiment dire qu’Herrmann est un Compositeur, et un grand. Compositeur, Chef d’Orchestre, il est né à New York en 1911, il est le cadet d’une famille juive d’origine russe Il fait ses études de musique à l’Université de New York, et à la Juillard Graduate School. A l’âge de vingt ans, il fonde le New Chamber Orchestra de New York. En 1934 il travaille au Columbia Broadcasting System, comme répétiteur du personnel.

Six ans plus tard, il devient Chef d’Orchestre principal de l’Orchestre Symphonique de C.B.SBernard Herrmann, le compositeur de la musique des plus grands films d’Alfred Hitchcock, l’homme qui d’un suspense à l’autre savait créer des musiques d’angoisses, de vertiges, de terreurs, si parfaites, qu’elles donnent aux images un relief et une force saisissants. Chacun de ses thèmes musicaux nous renvoie à des images bien précises, et il est bien évident que les films d’Hitchcock

 n’auraient pas cet impact fulgurant sans la musique de Bernard Herrmann. Pourtant son nom est certainement moins connu que les compositeurs de musiques de films actuels, et moins connu que les réalisateurs pour qui il a travaillé. Et pourtant ses musiques sont nombreuses et célèbres. On pourrait lui trouver quelques Pères spirituels en la personne

de GershwinShostakovitch et Stravinsky. Il débute en 1941 une carrière qui allait durer quarante ans. Il écrit sa première œuvre à l’âge de vingt-deux ans. Il commence à partager son temps entre la direction d’Orchestre, et la création de musique pour des émissions radiophoniques. En 1939, grâce à Orson Welles, il s’envole pour Hollywood,

ou sa musique est rapidement remarquée par la profession. Bernard Hermann travaille à l’émotion, ainsi dans Sisters de Brian de Palma, il utilise un motif ressemblant à une comptine, pour souligner le fait que l’héroïne a été une sœur siamoise, et qu’après avoir fait l’amour, ses traumatismes et ses fantasmes de l’enfance se réveillent, et au moment de l’attaque au couteau,

qui est d’une extrême violence, la musique au lieu de s’emballer et suivre cette agression visuelle et physique, suit au contraire la folie intérieure de la jeune femme, et devient comme mélopée d’enfant méchant. Herrmann joue plus sur le déséquilibre mental que sur le suspense et la violence. Pour lui, une bonne musique de film n’est pas une suite de mélodies courant sur des images, mais une création d’atmosphère, jouant à manipuler le spectateur. Dans Les Nerfs à Vifs ( Cape Fear ) de 1962, dès le logo de la société de production, quatre notes répétées nous plongent dans une atmosphère lourde, oppressante et menaçante. Ces quatre notes envahissent notre esprit, et ne nous quittent plus.

Avec peu de notes, Herrmann donne son maximum, et nous met dans le ton. Il utilise beaucoup les tierces majeures ou mineures parallèlement, sans les mener à leur terme, mais en leur donnant un caractère répétitif et hypnotique, il ne va vers aucun aboutissement qu’appelle la tierce, il la laisse en suspens, nous préparant ainsi au pire.

Alors que les grands compositeurs de musique de films actuels réalisent de longues fresques musicales, quasiment des Suites Symphoniques, que l’on peut parfaitement écouter hors du contexte du film, Herrmann lui, travaille sur de courtes séquences, simples, mais diaboliquement efficaces, se combinant parfaitement aux images, se répétant sans cesse, comme un leitmotiv infernal. Ainsi, tout le monde a en mémoire la dernière scène de La Mort Aux Trousses, sur les Monts Rushmore,

la séquence est dramatique, et la musique ressemble à une danse qui tourne sans arrêt, et chaque action périlleuse est ponctuée d’un coup de foudre des cuivres et des percussions, appuyant le drame qui se joue sur l’écran. Herrmann frappe fort, et frappe juste, il force le trait, et ça marche. Il est sans conteste possible l’un des plus grands compositeurs de Musique de Films, bien que son nom soit moins connu que nombre de ses confrères. Il reste évidement très attaché à celui d’Alfred Hitchcock

 pour qui il créera de purs chefs-d’œuvre, mais il ne faut pas oublier qu’ il a collaboré avec d’autres géants du 7e Art. Bernard Herrmann est à jamais entré au Panthéon de la Musique et du Cinéma.

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