MOLLY HATCHET : « TAKE NO PRISONERS ». 1981

« TAKE NO PRISONERS » marque une étape importante dans la carrière de MOLLY HATCHET. Réalisé en 1981, il sera le dernier album avec JIMMY FARRAR au chant. L’aventure FARRAR n’aura donc durée que le temps de deux disques. Il quitte le groupe pour des raisons familiales. Personnellement, je le regrette un peu, j’appréciais particulièrement la voix de ce chanteur. Il faut bien avouer que l’annonce de son départ a mis en joie un très grand nombre de fans, ravis de le voir enfin partir, mais surtout heureux à l’annonce du retour de DANNY JOE BROWN au bercail. « TAKE NO PRISONERS » est une marche de plus vers l’orientation plus hard prise par MOLLY avec l’album précédent « BEATIN’ THE ODDS », de plus, il s’éloigne encore un peu plus de la « tutelle » de Lynyrd Skynyrd, et du Southern Rock d’une manière plus générale.

Envolées, les longues parties de guitares, les chorus sont resserrés, moins volubiles, même s’ils restent d’excellentes qualités et toujours inspirés. Avec ce nouvel album, MOLLY confirme donc la nouvelle orientation  que les musiciens ont décidé de donner au groupe, orientation plus en rapport avec les goûts du public en ce début d’années mille neuf cent quatre vingt. Cet album était très attendu, après la vague engrangée par les deux premiers albums, et le virage effectué par la précédente galette, on était en droit de se demander à quoi ressemblerait ce nouvel album. En fin de compte, il en surprendra plus d’un. La première surprise réside dans le dessin de la pochette de l’album. Frazetta devenant trop cher, succès oblige, cède sa place à l’excellent BORIS VALLERO.

Si le dessin est beau, le groupe sur et à côté d’un dinosaure dressé, fera rire ou sourire un bon nombre de personnes. Le disque s’ouvre avec l’excellent « BLOODY REUNION » un titre bien hard, énergique à souhaits. Le son est très gros, les guitares sont agressives et les chorus courts, resserrés, la voix de JIMMY est superbe.

Comme je vous l’avais dit pour l’album précédent, MOLLY va directement à l’essentiel. Le titre est plié en quatre minutes avec tout de même des allures de classique. « RESPECT ME IN THE MORNING »  continu dans le Hard, dans le genre chevauchée infernale. La batterie donne le ton dans l’intro, fort et sauvage.

Pour ce titre FARRAR est secondé par « Joyce Kennedy » chanteuse de Mother’s Finest du coup cela donne une coloration particulière à ce morceau. « LONG TALL SALLY » fonctionne parfaitement, ce classique du Rock déjà revisité par Cactus des années plutôt,

va divinement bien à MOLLY. Les guitares tranchent dans le gras, et ça fait du bien.

Le titre s’accélère après une minute pour s’emballer de nouveau devenant un rock endiablé, ponctué de chorus de guitares. Chouette, très chouette. « LOSS OF CONTROL » est un morceau rapide, punchy, tel une Harley lancée à fond sur le « highway ». Le genre de titre bien fou en live, qui fait hurler et danser la foule. De courts chorus des trois guitaristes ponctuent le titre qui pourrait ressembler à un

enregistrement live avec par moments des clameurs du public. Encore un morceau plus que parfait. Pour l’instant, la moyenne est bien haute, l’album sent très bon. « ALL MINE » introduit par BRUCE CRUMP à la batterie, est un rock, traditionnel, syncopé,

qui s’accélère à un moment, juste avant un chorus de six cordes, avant de reprendre le tempo de ses débuts. « LADY LUCK » est un titre riche, piano et cuivres lui donnent une teinte particulièrement agréable. Rock assez lourd qui donne des fourmis dans les jambes.

Traversé comme il se doit d’un court solo de guitare. Un morceau qui donne la patate, et rend heureux.

« POWER PLAY » possède quelques accents Southern. Jolie intro acoustique. Très mélodique, des percussions viennent le colorer, lui donnant un petit air exotique.

Encore et toujours un joli chorus de guitare, pour un titre très sympa. « DON’T MESS AROUND » un rock qui balance dans un rythme rapide, traversé de fulgurantes parties de guitares. Encore une tuerie pour bien secouer dans les concerts. « DON’T LEAVE ME LONELY »  est le seul morceau à regarder quelque peu vers un Rock plus ou moins Sudiste, un orgue vient se mêler aux guitares,

dans un esprit nonchalant, cool, ce n’est pas du Hard. Le style est plus mouvant que dans le reste de l’album. Pas mon morceau préféré, à mon avis, le seul morceau quelque peu faiblard. « DEAD GIVEAWAY » est un boogie Rock’n’Roll, dansant presque enjoué, pourvu d’une grosse

section rythmique, il termine joliment ce quatrième album de MOLLY HATCHET.

À bien regarder, après écoute, ce « TAKE NO PRISONERS » est plutôt un bon album. Les morceaux sont très majoritairement d’excellentes qualités. Bien sur, on peut regretter l’absence de longues chevauchées de six cordes, mais au vu des titres cela ne s’avère pas vraiment nécessaire. HLUBECK, ROLAND et HOLLAND tissent un mur de son, dans lequel les chorus toujours très inspirés, arrivent à raconter une histoire sans faire un déluge de notes interminables. « TAKE NO PRISONERS » ne sera pas un gros succès, boudé à sa sortie, descendu en flèche par les critiques internationales, il ne se placera que trente sixième au Billboard. Seul, en Angleterre, « Kerrang » verra en lui le plus bel album du groupe.

Ce sont les années qui vont lui permettre de gagner ses galons, et de prendre enfin une place dans le cœur des fans.

 

 

 

 

 

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