THE ALLMAN BROTHERS BAND : « IDLEWILD SOUTH ». 1970

Le premier album des Allman Brothers sort en 1969, et malgré la très grande qualité du disque, il ne recueille que peu de succès. Les critiques sont bonnes, mais ne déclenchent pas pour autant, une frénésie d’achat. Seuls, les États du sud du pays semblent s’intéresser à ce nouveau groupe. Aussi, pour faire connaître son groupe au pays tout entier, leur producteur Phil Walden les met sur la route pour une tournée à travers tout le pays. La réputation de groupe de scène, et de « Jam Band » du groupe grandit de concerts en concerts. Un morceau de cinq minutes sur l’album peut atteindre la demi-heure sur scène. Les parties de guitares de Duane Allman et de Dickey Betts sont les points d’orgue des shows. Rarement on a entendu des guitaristes aussi performants, et doués, alliant technicité et feeling.

Duane se fait surtout remarqué par son fabuleux jeu à la slide. Au retour de la tournée, le groupe rentre en studio commencer l’enregistrement du second album. Les critiques avaient regretter une certaine lourdeur dans le premier disque, le groupe les a entendu, et les nouveaux morceaux sont beaucoup plus légers et aérés. L’album s’ouvre sur « Revival », et tout est déjà là, sonorités Rock, Blues, Country,

Gospel, deux splendides guitares, et une section rythmique qui swingue. Par instant des accents du Wishbone Ash traversent le paysage musical. Pour débuter l’album, le groupe ne pouvait pas mieux faire, le plaisir de jouer est évident. « Don’t Keep Me Wonderin » est un

Blues, très chaloupé, mid tempo, au feeling transpirant par toutes les notes de la gamme. Juste parfait. Superbe slide. « Midnight Rider » les guitares acoustiques sont de sorties, nous avons là un des trésors de l’album. De courts chorus traversent le titre. Difficile de faire plus

évident que ce morceau, ça coule comme du miel et du lait. Trois minutes de plaisir. Encore un classique. Un de plus.

« In Memory Of Elizabeth Reed » Si je devais choisir un seul morceau dans toute la carrière du Allman Brothers Band, je choisirais celui-ci. C’est un pur chef d’œuvre. Composé par Dickey Betts, il est de tous les concerts, en  version électrique ou acoustique.

Longue pièce instrumentale, plus de sept minutes au compteur, plus de trente en concert, les deux guitaristes prennent un chorus chacun leur tour. Soutenu par une section rythmique absolument diabolique, où chacun des deux batteurs adoptent un style différent, « Elizabeth Reed » explose comme un feu d’artifices, mi Rock, mi Blues et surtout mi Jazz. On est quasiment sur un morceau de fusion, prémice du Jazz Rock à venir dans les années soixante dix. C’est très beau, mélodique, très bien construit.

Tous les instruments sont ici à l’honneur. La version qui figure sur le live Fillmore East est époustouflante. « Hoochie Coochie Man » nous ramène les pieds sur terre, avec son Rock classique,

plein d’énergie, de fougue, et bien entendu de feeling. Gros travail rythmique des deux batteurs. « Please Call Home » magnifique Blues, tout en retenue et délicatesse. Une ballade dans les territoires du Sud

des États Unis, sous un soleil éblouissant, bercée par deux guitares magiques. « Leave My Blues At Home » est à mon avis la seule légère faiblesse entre guillemets de ce fantastique album, Blues Rock Funky,

il déverse son spleen, son groove, avec douceur et application. Encore une fois, la mise en place est millimétrée, et les guitares amènent le titre à une fin qui arrive doucement. « Idlewild South » est un pur joyau, sans réel point faible, le groupe est uni, et joue comme un seul homme.

Allman continue d’écrire sa légende, en lettre d’or, combinant comme personne les multiples facettes de sa musique. Fort de ses deux albums, Allman donnera l’année suivante une série de concerts historiques au Fillmore East, qui les feront définitivement entrer dans l’Histoire de la Musique, mais ça, c’est déjà une autre histoire…

 

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