WISHBONE ASH : « WISHBONE FOUR ». 1973

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En 1972, WISHBONE ASH pond un album qui reste à ce jour sa plus belle réussite, son Chef d’Oeuvre  « Argus ». 33 tours qui flirte avec le folk, le rock, le progressif, et montre un groupe mature, en pleine possession de son talent, et de sa technique musicale. Les titres du disque sont forts, puissants, aériens et beaux. S’il existe une perfection elle est atteinte avec « Argus ». Le succès est total et international. Les ventes explosent, et les tournées qui suivent se font à guichets fermés.

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WISHBONE ASH au bout de trois albums est au firmament, reconnu dans le monde entier comme un groupe majeur de la musique rock, ils tournent avec Aerosmith, Kansas. Les duels de guitares entre ANDY POWELL et TED TURNER ravissent tous les fans, et sont la marque de fabrique du groupe.

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Mais voilà, il faut maintenant donner une suite au splendide « Argus », et tout le monde sait, y comprit le groupe que donner suite à un Chef d’Oeuvre n’est pas chose facile. Le public attend avec impatience le successeur d’ « Argus », et en aucun cas il ne faut les décevoir. Entre les mois de février et mars 1973, WISHBONE ASH est au studio Olympic et Apple de Londres, et enregistre des morceaux composés intégralement par le groupe, un vrai travail collectif, pour lequel le groupe revient à des fondamentaux, des bases plus rock, plus sauvages, plus simples également, sans pour autant renier ce qui fait l’essence même du groupe.

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« WISHBONE FOUR » sort donc en 1973. Les morceaux sont plus traditionnels, plus « classiques », avec surtout moins d’envolées lyriques, et s’ouvrant sur des dimensions manquant peut être d’identités communes, assez différentes les unes des autres. L’album semble plus simple, moins alambiqué, on y trouve du rock proche du hard, du rock traditionnel, du rock’n’roll, un peu de country, et deux très belles ballades. Un morceau pour moi sort du lot un slow rock de toute beauté « EVERYBODY NEEDS A FRIEND ».

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Par contre, on perd un peu des très belles harmonies vocales, et des superbes guitares  en tierce, ou en échange. Malgré tout « WISHBONE FOUR » est un magnifique album, il n’a qu’un seul défaut, commun à pas mal de groupe dans le même cas de figure, sortir après un Chef d’Oeuvre, venir après « Argus ». L’évolution du groupe semble alors en perte de direction, ce qui pousse TED TURNER à quitter le groupe en 1974. Pourtant, les chansons sont très bonnes, mais le public est tout de même légèrement déçu, il attendait un « Argus II », il a eu autre chose, un rock moins progressif, mais d’une qualité que je trouve toujours aussi remarquable.

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« WISHBONE FOUR » s’ouvre sur « SO MANY THINGS TO SAY » un titre rock introduit par une splendide guitare éthérée, le rythme est bien rock’n’roll, la section rythmique bien en place

un petit pont plus doux coupe le morceau, lui donnant un petit côté The Who. Le morceau est bien carré, un second pont change radicalement le style du titre, marqué par des petites passes de batterie bien venues, même la voix se veut plus violente. C’est un bon début. « BALLAD OF THE BEACON » possède une belle ligne de basse bien en avant, c’est une très jolie ballade, on retrouve le WISHBONE ASH d’ « Argus », beaux soli de guitare, tout en délicatesse et finesse, l’un après l’autre mais dommage pas ensemble. Mais ce n’est pas grave, ce titre est splendide et se termine sur un magnifique chorus de guitare.

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« NO EASY ROAD » revient vers le rock’n’roll teinté de honky tonk, avec un piano et des cuivres très

présents, l’esprit du morceau est plus éloigné de celui du groupe, plus basique, plus simple, mais en aucun cas on ne peut dire qu’il est mauvais… Avec « EVERYBODY NEEDS A FRIEND »  WISHBONE ASH, nous offre le slow qui tue. Une superbe mélodie, un joli piano, tout ce qu’il faut pour créer un classique. A lui seul ce morceau vaut l’achat du disque, il est magnifique,

plus de huit minutes de bonheur avec un premier chorus de guitare sublime, d’une finesse, d’une délicatesse angélique. On voudrait que cela ne s’arrête jamais, tellement c’est bon. Le second solo de guitare est très subtil également, dans l’esprit du premier, plein de douceur que des cordes viennent petit à petit sublimer et magnifier, elles apportent une espèce de grandeur et d’ampleur à ce splendide morceau…

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WISHBONE réitérera cet exploit une autre fois dans l’album suivant avec le titre « Persephone »« DOCTOR » revient vers des rivages plus rock, avec un beau gimmick de basse, on flirte presque avec le hard et le groupe s’y sent aussi à l’aise que dans n’importe quel registre.

Il est vrai qu’on est loin du WISHBONE que l’on connait, par contre les deux guitares se répondent durant le chorus de fort belle manière, malgré tout le morceau n’est pas linéaire et contient quelques ruptures bien vues.

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« SORREL » aurait pu sans aucun problème figurer sur « Argus », une introduction de guitares sèches, une basse en avant, une magnifique musique, mélodieuse, de belles envolées de guitares comme on aime tant chez ce groupe. Une superbe réussite, avec un second thème au milieu,

qui nous rapproche du progressif, avec une guitare très légère, avant que le thème original ne refasse son apparition, avec un chorus de toute beauté digne d’un groupe sudiste! Une merveille.

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« SING OUT THE SONG » est calme, et installe une ambiance country-western dans l’esprit Eagles,

avec une lap steel guitare, des guitares acoustiques. Le morceau est original et beau, le chorus est acoustique. « ROCK’N’ROLL WIDOW » est devenu un classique que le groupe continue de jouer de nos jours, c’est un magnifique rock mi tempo, aux guitares enchanteresses.

Pourvue d’une magnifique mélodie, le morceau accroche immédiatement, et ces guitares qui pleurent, merveilleux. C’est le genre de morceau qui pourrait atteindre vingt minutes en public si le groupe le souhaitait. Un rock tout en finesse, et en magnificence.

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Vraiment, il est difficile de trouver des défauts à « WISHBONE FOUR », il est magnifique, mais voilà, il vient après « Argus », c’est certainement son seul et unique problème. Car en lui même, il n’y a rien à jeter, il est différent certes, mais cela n’en ai que mieux. Sous prétexte d’avoir réalisé un Chef d’Oeuvre, un groupe quel qu’il soit ne peut inlassablement refaire toujours la même chose, où serait l’intérêt, nulle part.

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WISHBONE ASH a su faire exactement ce qu’il fallait faire, un album différent, avec de splendides chansons, pas un concept album comme pourrait l’être « Argus », mais un disque où chaque titre à son propre univers, et explose en différentes variations de colorations multiples. Après la sortie du disque, et quelques dates de concerts TED TURNER quitte le navire,

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heureusement, le groupe trouvera l’oiseau rare, il sera remplacé par le formidable Laurie Wisefield. Mais ça nous en parlerons plus tard ….

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