THE DAVE BRUBECK QUARTET : « TIME OUT ».1959

Dans l’histoire de la Musique, sans tenir compte de ses goûts ou de ses aprioris, il existe des albums incontournables, des enregistrements importants, à marquer d’une pierre blanche.  Des albums qui on ne sait pourquoi deviennent Classiques. Même si au départ, ces albums ne font pas partie de ceux que nous préférons, même s’ils nous semblent, trop simples, ou par trop évident. Ce qui d’un certain côté peut être une preuve de génie. Mais on ne peut ignorer que certains ont réalisé à un moment de leur vie, de leur carrière, une oeuvre sinon fondamentale du moins assez importante pour que ces artistes figurent au Panthéon des Grands de la Musique . Ce préambule est simplement là pour vous dire, que si l’album dont je vais vous parler aujourd’hui n’est peut être pas un Chef-d’Oeuvre absolu, (J’en suis de moins en moins sur, plus je vieillis et plus je l’écoute, plus je le trouve magique) on ne peux nier son importance dans le monde du Jazz, et plus largement dans l’histoire de la Musique. Et je ne peux nier nier le plaisir certain qui m’envahit à son écoute, ni le fait que très vraisemblablement il contient le titre le plus connu du « grand public », qui pourtant dans sa grande majorité n’écoute pas de Jazz. Il s’agit bien sur de THE DAVE BRUBECK QUARTET Time Out. 

Un des disques de jazz les plus vendu au monde!!! Dave Brubeck, pianiste, est né en 1920. Il fut l’élève de Schoenberg et de D.Milhaud, et durant plus de vingt années a dirigé

un quartet délicieusement séduisant et raffiné, dont l’élément le plus important et reconnaissable fut le saxophone altiste Paul Desmond, au son délicat, et aéré, et surtout compositeur du fameux thème,

connu dans le monde entier, y compris dans les Pays de l’Est, bien avant que l’on ai songé à une quelconque destruction du Mur de Berlin. C’est dire si le succès fut « Planétaire« . Ce titre c’est bien sur : Take five. Il est évident que la reconnaissance et la renommée du Quartet vient plus de l’originalité et de la beauté de certains thèmes,

que des talents pianistique de son leader, et de la qualité des musiciens, Paul Desmond excepté. Et c’est surtout pour cela que son nom restera dans l’histoire du Jazz. Ce qui n’empêche certains de ses morceaux de montrer une réelle audace rythmique.

L’album Time Out est sorti sur Columbia en 1959, le Quartet se composait de Paul Desmond à l’alto, Joe Morello à la batterie et d’Eugene Wright à la contrebasse.

Premier morceau, premier succès Blue Rondo A La Turk, tout le « Son » du Quartet est déjà là. La couleur de l’album est dans ce premier titre. Rythme, aisance, facilité, tout coule comme par évidence.

La douce chaleur de l’alto de Paul Desmond inonde l’espace, grâce lui soit rendu !!! Le second titre permet à Brubeck d’introduire en un solo délicat le morceau, Strange Meadow Lark,

le son est strictement identique au morceau précédent, mais tout en retenue, très suave, plein de finesse pour ne pas dire de délicatesse. Enfin Take Five, la batterie de Morello marque le rythme, puis Brubeck pose ses accords, répétitifs, hypnotiques,

et Desmond arrive tout en douceur et volupté. Au départ le morceau devait servir de tremplin au chorus de batterie de Morello, (et lorsque l’on écoute ce « solo » rendu célèbre par le morceau,

on se dit que Morello n’a pas du transpirer beaucoup oui ce n’est pas Elvin Jones, ni même Shelly Mane), et personne n’imaginait ce que ce Take Five deviendrait.

Le public décida et en fit un incontournable . Quatrième morceau, re -Tube Three To Get ReadyEn France, Claude Nougaro en fera une adaptation et un hit sous le titre Le Jazz Et La Java,

et adaptera un autre morceau du disque, le premier A Bout De Souffle, les deux morceaux enregistrés avec l’orchestre de Michel Legrand. Le cinquième morceau Kathy’s Waltz 

dédicacé à la fille de Brubeck, est dans la même veine que les autres, sur une rythmique de valse. Avec encore et toujours ce merveilleux saxophone qui chante divinement bien.

Everybody’s Jumpin’, le titre suivant ne déroge pas à la règle et suit exactement le même parcours,

sans s’éloigner des chemins bien délimités… Le dernier morceau de l’album, Pick Up Pieces nous permet d’entendre un Dave Brubeck plus volubile et bavard, martelant plus énergiquement

les touches de son piano, soutenu par une rythmique rappelant celle de Take Five, puis doucement la musique s’évanouit… Silence.

Un peu plus d’un an après que le disque soit sorti, la Columbia au vue des ventes décida d’éditer un 45 tours avec Take Five et Blue Rondo pour les radios, et le public. On était dans l’ère des Jukeboxes et avec une petite pièce on pouvait écouter tout à loisir ses morceaux favoris. Le 45 tours grimpa jusqu’à la première place en quelques semaines. Et il existerait encore de nos jours de part le monde des Jukeboxes avec ce  » fameux  » 45 tours. Si cela ne s’appelle pas célébrité alors…

PS: Plus j’écoute cet album, plus je l’aime !!!

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