BRUCE SPRINGSTEEN : « ALASKA ». 1982

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Le 29 octobre dernier, je vous ai raconté la genèse de l’ album « BORN TO RUN » de BRUCE SPRINGSTEEN. Aujourd’hui, c’est d’un tout autre album dont je vais vous parler. « BORN TO RUN » a ouvert les portes de la célébrité au BOSS. Trois ans après ce chef d’œuvre, un nouvel album enfonçait un peu plus le clou, et démontrait la puissance, et tout le potentiel non encore exprimé de l’artiste « DARKNESS ON THE EDGE OF TOWN« ,

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deuxième grand classique, encore peut-être plus profond, plus sombre que le précédent, plus social, plus près des gens, des vrais. De ceux qui travaillent sans pouvoir malgré tout s’en sortir. « Badlands » , « Adam Raised a Caïn » , « Thunder Road » , « Candy’s Room » , le grandiose « Racing In The Streets » , « The Promised Land » , « Streets Of Fire » , « Prove it All Night » et  « Darkness On The Edge Of Town » . Que de grands, de très grands morceaux. SPRINGSTEEN n’est pas encore une star au firmament, mais une étoile qui monte… En 1980, il a tellement de « bonnes » chansons qu’il se permet de sortir un double album, après seize mois d’enregistrement, et une production brut live en studio. « THE RIVER » . Encore une fois des hits monstrueux, une première face un peu plus rock’n’roll,

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plus enlevée, même si on y trouve de la mélancolie, des souvenirs personnels, une seconde face où l’on entend un peu plus les bruits et les cris de la vie. « Hungry Heart » , « Two Hearts » , le merveilleux « Independence Day » dans lequel BRUCE nous parle des relations père-fils, « Out In The Streets » , que dire de  « The River » , du poignant « Point Blank » , « Cadillac Ranch » , « Stolen Car » , « Ramrod » et les autres… L’album THE RIVER se classe numéro un et se vend à trois millions d’exemplaires, faisant de SPRINGSTEEN une des grandes stars du rock mondial. Des tournées à guichets fermés aux Etats-Unis et partout ailleurs, dans exactement vingt autres pays, dont la France où l’on pu voir le BOSS à Paris et à Lyon.

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Cet album est comme un juke-box remplit de tubes, pourtant, même si je l’adore, il est un peu moins mature, un peu plus frivole que DARKNESS, qui mettait les âmes à nue, touchait du doigt nos profondes déchirures, un peu comme si, trop plein de sentiments noirs, étouffants, nauséeux, et déchirants, BRUCE avait été obligé de relâcher toute cette pression qu’il avait emmagasinée pendant l’élaboration de DARKNESS ON THE EDGE OF TIME. SPRINGSTEEN commence à composer pour le nouvel album, dans son petit studio personnel, un peu plus de la moitié de ce qui deviendra BORN IN THE USA 

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BRUCE demande à Mike Batlan son technicien guitare de lui bricoler un petit home studio dans sa maison, où il pourrait composer et enregistrer, afin d’amener au E Street Band un produit terminé, que le groupe peut en suite assaisonner comme il sait si bien le faire. Avec un vieux magnéto Teac à cassettes quatre pistes, en fin de vie, un Echoplex, une petite boîte branché sur la guitare, comme on utilisait il y a une bonne dizaine d’années, et qui permet d’avoir un peu d’écho, BRUCE compose, et enregistre les maquettes de ce qui deviendra le prochain album NEBRASKA

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  « …Je vais enregistrer ces chansons, et si elles vont bien rien qu’avec moi, je les ferais apprendre au groupe… » SPRINGSTEEN sort d’une tournée marathon avec THE RIVER, avec des concerts qui avoisinaient les quatre heures, des concerts épuisants pour le groupe. En cette fin de tournée, est ce la fatigue, la politique menée par le Président Ronald Reagan, qui appauvrit de plus en plus d’américains, créant de plus en plus d’exclus, de pauvreté dans la société, avec un taux de chômage à deux chiffres, on est bien loin du pays du lait et du miel, ou peut-être simplement, cette espèce de mise en sommeil du Rêve Américain, mais BRUCE SPRINGSTEEN, après l’euphorie de l’album THE RIVER, semble broyer du noir.

NEBRASKA

Je l’ai vue qui était devant chez elle à jouer avec son baton de majorette
Moi et elle on a été faire un tour M’sieu et dix innocents sont morts

En partant de Lincoln Nebraska avec un 410 canon scié sur les genoux
A travers les mauvaises terres du Wyoming j’ai tué tout ce qui se trouvait sur mon chemin

Je ne peux pas dire que je regrette toutes ces choses qu’on a faites
Au moins M’sieu pendant un moment moi et elle on s’est payé du bon temps

Le jury m’a déclaré coupable et le juge il m’a condamné à mort
Minuit dans un coin de la prison avec des lanières de cuir autour de ma poitrine

Shérif quand le type tournera la manette M’sieu et qu’il enverra ma pauvre tête valdinguer
Arrange-toi pour que ma petite nana soit bien là assise sur mes genoux

Ils m’ont déclaré inapte à vivre,

ont dit que mon âme devait basculer dans le grand vide
Ils voulaient savoir pourquoi j’ai fait ce que j’ai fait,

ben M’sieu je suppose simplement qu’il y a de la méchanceté dans ce monde

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Ses nouveaux textes qu’il chante en s’accompagnant simplement d’une guitare acoustique, d’un tambourin et d’un harmonica, semblent désespérés, sombres, habités par une espèce de fatalité dramatique. Ils parlent des exclus, des paumés, des humiliés, des assassins, des mafieux.

ATLANTIC CITY

Oui ils ont flingué le trouillard à Philly la nuit dernière

Et maintenant ils ont fait sauter sa maison aussi

Et là sur le trottoir il se prépare une bagarre
On va voir ce que ces racketteurs peuvent bien faire

Maintenant y a des bandes qui arrivent des autres Etats et
Le procureur a plus de repos
Ca va chauffer là-bas sur la promenade et

La brigade des jeux est sur les dents

[Refrain]

Tout meurt chérie c’est vrai
Mais peut être que tout ce qui meurt revient un des ces jours
Maquille-toi fais-toi une jolie coiffure et
Viens me voir ce soir à Atlantic City

Pourtant j’avais trouvé un job et j’avais essayé de mettre mon argent de côté
Mais je m’en suis trop mis sur le dos et j’avais pas pu payer
Alors j’ai retiréce que j’avais à la Central Trust
Et je nous suis acheté deux billets sur le bus de Coast City

[Refrain]

Maintenant notre chance s’est peut être tirée et notre amour s’est peut
Etre effiloché mais je resterais toujours avec toi
On s’en va là où les sables se transforment en or
Alors met tes bas parce que les nuits deviennent froides et peut-être tout meurt
C’est vrai mais peut être qie tpit ce qui meurt
Revient un de ces jours

Oui j’ai cherché du boulot mais c’est dur à trouver
Par ici c’est comme ça soit tu gagnes ou tu perds et
Arranges-toi pour pas te trouver du côté des perdants
Bon j’en ai marre de me trouver dans le camp des perdants
Alors chérie j’ai rencontré ce type et je vais
Lui rendre un petit service
Bon je suppose que tout meurt chérie c’est vrai
Mais tout ce qui meurt un jour
Revient
Maquilles-toi fais-toi une belle coiffure et
Viens me voir ce soir à Atlantic City

Tout ceux qui sont passés très loin du glorieux Rêve de la grande Amérique tendant la main à ses déshérités. Une fois tous les morceaux enregistrés, BRUCE met la cassette dans sa poche. Jon Landau, son manager fut le premier à l’écouter, il fut séduit par la beauté, le dépouillement des morceaux, et la voix douce, presque chuchotante de BRUCE.

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 Il y avait également sur la bande des versions acoustiques de morceaux qui trouveraient leur place sur l’album suivant BORN IN THE USA, comme  « Downbound Train » , « Born In The USA » , « Workin’ On The Highway » . C’était la nouvelle direction vers laquelle BRUCE voulait se diriger pour le prochain disque. Le mixage de la cassette fut très difficile à cause des différents formats de bandes. SPRINGSTEEN donna la cassette à Steve Van Zandt, ce dernier après l’avoir écoutée lui dit « …J’adore ça. C’est un album… »

JOHNNY 99

Eh bien, ils ont fermé l’usine automobile à Mahwah à la fin du mois
Ralph est parti chercher un boulot, mais il n’a pu en trouver aucun
Il est revenu à la maison trop saoul après avoir mélangé du Tanqueray(gin anglais) et du vin
Il a abattu un employé de nuit maintenant ils l’appellent Johnny 99

Là-bas, dans cette partie de la ville où quand tu rencontres un feu rouge, tu ne t’arrêtes pas
Johnny pointe son pistolet autour de lui et menace de se faire sauter la cervelle

Quand un policier en civil s’est glissé derrière lui discrètement
Dehors en face du Club Tip Top, ils ont mis les menottes à Johnny 99

Alors, la ville a fourni un avocat commis d’office mais le juge c’était John Brown le Méchant
Il est entré dans la salle d’audience et a forcé le jeune Johnny à baisser les yeux eh bien, la preuve est évidente, on va rendre la sentence mon garçon, appropriée au crime
La prison pour 98 années plus une et on l’appellera même Johnny 99

Une bagarre éclata dans la salle d’audience, ils ont du traîner dehors la copine de Johnny
Sa mère s’est levée et a crié  » Monsieur le juge, ne me prenez pas mon fils de cette façon
Eh bien, mon garçon, s’il y a une déclaration que tu veux faire
Avant que l’huissier vienne t’emmener pour toujours

Maintenant, juge, juge, j’ai des dettes qu’aucun homme honnête ne pourrait payer
La banque tenait mon hypothèque et ils me prenaient ma maison
Maintenant, je ne dis pas que ça fait de moi un homme innocent
Mais c’était tout ça et bien plus qui a mis ce flingue dans ma main

Eh bien, votre honneur, je crois vraiment que je serais beaucoup mieux mort
Et si vous pouvez prendre la vie d’un homme pour les pensées qui sont dans sa tête
Alors rasseyez-vous sur cette chaise, et repensez-y, monsieur le juge, encore une fois
Et laissez les me raser la tête et me mettre dans ce couloir de la mort.

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Après avoir fait écouter les bandes tirés de la cassette au groupe entier, chacun se mit derrière son instrument, et le groupe se mit à jouer les morceaux.

OPEN ALL NIGHT (Ouvert toute la nuit)

Ouais, j’avais le carburateur, bébé, nettoyé et verifié
Avec sa ligne explosée, elle bourdonne comme un turboréacteur
Je l’ai étayée par des blocs de béton dans la cour
Pour un nouvel embrayage et un nouveau jeu d’amortisseur
Je l’ai emmenée au lavage de voiture, vérifié les bougies et les niveaux
Ouais, je sors ce soir. Je vais me dérouiller les genoux
Horizon matinal dans la zone industrial du Jersey du nord
Je suis un cobra prêt à jaillir qui se glisse à travers la nuit
Je dois trouver une station essence, je dois trouver une cabine téléphonique
Cette autoroute est vraiment sinistre la nuit quand tu es tout seul
Je dois mettre les gaz, bébé.
Je rattrape mon retard dans ce New Jersey comme un paysage lunaire dans le matin.
Là, le patron ne peut pas me sacquer alors il m’a mis sur le poste de nuit
C’est une course toute la nuit pour revenir là où vit mon bébé.
Au petit jour, ton esprit devient brumeux.
Les relais de radio, ne me guideraient vous pas vers mon bébé ?
Sous le viaduc, le policier enclenche ses lumières de fête
Bonne nuit, bonne chance, un deux moteur c’est parti
J’ai rencontré Wanda quand elle travaillait derrière le comptoir
Au Grand Garçon Poulet Frit de Bob sur la route 60
Elle était assise sur mes genoux à l’avant.
On essuyait nos doigts avec une carte routière Texaco
Je me rappelle de Wanda sur un mont de ferraille avec ses grands yeux marrons.
Ca fait encore battre ton coeur.
Ouais, à 5 heures du mat, la pression de l’huile chutait rapidement
Je me suis arrêté pour voir, j’ai essuyé le pare-brise, vérifié l’essence.
Je dois appeler mon bébé au téléphone.
Lui fair savoir que son papa revient à la maison
Assis toi bien, petite maman, je viens par ici
J’en ai encore pour trois heures, mais je vais ventre à terre.
Tes yeux ont la bougeotte au petit matin,
Le soleil est juste un ballon rouge qui se lève au dessus des tours de raffinage
La radio est encombrée de station de gospel,
Des âmes perdues qui appellent une providence lointaine
Hé, monsieur le D. J. , veux-tu entendre ma dernière prière.
Hé, ho, rock’n’roll, libère moi de nulle part.

 

 

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Ceux qui passaient le mieux étaient les titres du futur BORN IN THE USA, sinon les autres morceaux perdaient plus qu’ils ne gagnaient. Le groupe enregistra ainsi plus de la moitié de l’album BORN IN THE USA dans sa version définitive. Mais BRUCE tenait absolument à ce que le prochain album soit les versions acoustiques de sa cassette. Le staff du BOSS, et les dirigeants des disques Columbia parlèrent très longuement du côté rapport financier d’un tel disque. On proposa même de faire un double album, l’acoustique couplé à BORN IN THE USA.

 USED CARS  (Voitures d’occasion)

Ma petite soeur est assise à l’avant avec un cornet de glace
Ma mère est à l’arrière, assise toute seule
Alors que mon père la conduit doucement hors du lotissement
Pour un petit tour d’essai le long de l’avenue Michigan

Maintenant, ma mère elle montre du doigt son orchestre de mariage
Et elle regarde le vendeur qui fixe les mains de mon vieux
Il nous explique qu’il nous donnerait un délai si il pouvait, mais il ne peut simplement pas
Eh bien, si je pouvais, je jure que je saurais bien ce que je ferais

Maintenant, monsieur, le jour où je gagnerais à la loterie,
je ne roulerai plus jamais dans une voiture d’occasion

Maintenant, les voisins viennent de près ou de loin
Alors que nous remontons la rue dans notre voiture d’occasion toute neuve
J’aimerais qu’il mette juste les gaz et laisse s’échapper un cri
Et leur dise qu’ils peuvent tous nous embrasser nos culs, bye bye

Mon père, il transpire pour le même boulot jour après jour
Moi, je rentre à la maison par les mêmes rues sales où je suis né
Plus loin dans la rue, je peux entendre ma petite soeur à l’avant qui klaxonne
Le son se répercute tout le long de l’avenue Michigan

Maintenant, monsieur, le jour où mes numéros tomberont
Je ne roulerai plus jamais dans une voiture d’occasion

 

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En fin de compte on amena le vieux magnéto quatre pistes sur lequel SPRINGSTEEN avait composé NEBRASKA, le fameux album acoustique, dans un studio professionnel, pour le connecter à une table de contrôle high tech. Mais chacun découvrit que les nouveaux mixages détruisaient la magie qui émanait de la cassette. Chuck Plotkin grand ingénieur du son ayant travaillé également avec Bob Dylan raconte  » …C’était absolument déprimant, BRUCE qui met des années à faire ses disques, réussit à faire un album en trois jours. Et après cinq semaines de travail pour mettre au point l’original, nous n’avons pas encore trouvé le moyen d’en faire un disque… » 

STATE TROOPER (Policier d’Etat)

Le péage du New Jersey, roulant dans une nuit pluvieuse
Au dessous de l’incandescence de la raffinerie, là où les grandes rivières noires coulent
Un permis, une immatriculation, je n’en ai aucune mais j’ai une conscience claire
Des choses que j’ai faites
Monsieur l’agent, s’il vous plaît, ne m’arrêtez pas
Ne m’arrêtez pas, ne m’arrêtez pas

Peut-être vous avez un gosse, peut-être vous avez une jolie femme,
La seule chose que j’ai c’est de m’être ennuyé toute ma vie
Monsieur l’agent, s’il vous plaît, ne m’arrêtez pas
Ne m’arrêtez pas, ne m’arrêtez pas
Aux petites heures du matin, ton esprit devient brumeux, les relais de radio me mènent à ma chérie
La radio est encombrée de stations de talk shows
Ca ne fait que parler, parler, parler, jusqu’à ce que tu perdes patience
Monsieur l’agent, s’il vous plaît, ne m’arrêtez pas
Hé, y a quelqu’un, écoutez ma dernière prière
Hiho silver-o(manière de saluer quelqu’un) délivre moi de nulle part

 

 

 

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Mais Plotkin essaie, et ré-essaie, et ré-essaie encore et trouve enfin le moyen de faire avec la cassette de SPRINGSTEEN un original digne de ce nom. NEBRASKA permit à BRUCE SPRINGSTEEN d’être écouté différemment, on se retrouve en effets assez loin des problèmes racontés par le BOSS dans ses albums précédents. Le ton était nouveau, totalement, on est loin en effet du rock’n’roll, et de ces fêtes, de ces musiques endiablées. On se retrouve dans une musique country folk typiquement américaine, une musique que BRUCE a beaucoup écouté. SPRINGSTEEN rejoignait le premier DYLAN, celui d’avant l’électricité.

MY FATHER’S HOUSE  (La maison de mon père)

La nuit dernière, j’ai rêvé que j’étais un enfant, dehors où les pins poussent, sauvages et grands
J’essayais de revenir à la maison à travers la forêt avant que le soir ne tombe

J’ai entenu le vent qui frémissait à travers les arbres
Et des voix fantômatiques se sont élevées des champs
J’ai couru, le coeur battant, le long de ce chemin discontinu
Avec le diable qui claquait des doigts à mes talons
J’ai percé à travers les arbres, et là dans la nuit
La maison de mon père se tenait là, brillante de mille feux
Les branches et les ronces ont déchiré mes vêtements et éraflé mes bras
Mais j’ai couru jusqu’à ce que je tombe, tremblant dans ses bras
Je me suis réveillé et j’ai imaginé les mauvaises choses qui nous avaient séparés
Elle ne feront plus jamais, monsieur, s’éloigner nos deux cœurs
Je me suis habillé, et vers cette maison je me suis dirigé
De la route là dehors, je pouvais voir ses fenêtres diffusant la lumière
J’ai monté les marches et suis arrivé sur le porche
Une femme que je n’ai pas reconnu est venu et m’a parlé à travers la porte entrebaillée
Je lui ai raconté mon histoire et pour qui j’étais venu
Elle m’a dit « Je suis désolée mon garçon, mais personne de ce nom n’habite plus ici »
La maison de mon père brille de mille feux
Elle se tient là comme un phare qui m’appelle dans la nuit
Elle appelle encore et encore, si froide et seule
Elle illumine cette autoroute sombre où tous nos pêchés gîsent, fâchés pour toujours

 

 

 

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Une des chansons du disque « HIGHWAY PATROLMAN » servit de scénario de base à un magnifique film de Sean Penn : The Indian Runner,  de 1991, avec David Morse,

HIGHWAY PATROLMAN (Policier de la route)

Mon nom est Joe Roberts, je travaille pour l’état
Je suis sergent dans les barraques de Perrineville au n°8
J’ai toujours fait mon boulot honnetement, aussi honnetement que j’ai pu
J’ai un frère qui s’appelle Franky et Franky n’est pas un bon gars
Maintenant, depuis que nous étions enfants, ca a toujours été la même descente
J’ai capté un appel sur la radio, Franky a des problèmes en ville
Eh bien, si c’était n’importe quel autre gars, je l’aurais mis au rencart
Mais quand c’est ton frère parfois tu regardes de l’autre côté
Moi et Franky riant et buvant, on ne se sent jamais mieux qu’avec quelqu’un de son sang
Prenant notre tour pour danser avec Maria
Quand le groupe jouait « La nuit de l’inondation de Johnstown »
Je l’attrape quand il s’égare comme n’importe quel frère le ferait
Un homme qui tourne le dos à sa famille et bien ce n’est pas un bon gars
Franky est reparti à l’armée en 1965
J’ai acquis une ferme, je me suis installé, j’ai pris Mary pour femme
Mais le prix du blé ont continué à chuter jusqu’à ce que ca soit comme si on se faisait voler
Franky est revenu à la maison en 68, et moi, j’ai pris ce boulot
Oui on rit et on boit, on ne se sent jamais mieux qu’avec quelqu’un de son sang
Prenant notre tour pour danser avec Maria
Quand le groupe jouait « La nuit de l’inondation de Johnstown »
Je l’attrape quand il s’égare, je lui apprends comment filer droit
Un homme qui tourne le dos à sa famille ne fait pas partie de mes amis
La nuit était comme n’importe quelle autre, j’ai eu un appel à peu près à neuf heures et quart
Il y avait des problèmes dans un relais routier sur la frontière du Michigan
Il y avait un gosse étendu par terre qui avait l’air de saigner fort de la tête
Il y avait une fille qui pleurait à une table et c’était Frank, ils ont dit
Alors je suis parti, j’ai sauté dans ma voiture et j’ai grillé les feux
J’ai du faire du 110 à travers le comté du Michigan cette nuit
C’était au carrefour, du coté de la banque Willow
J’ai vu une Buick avec des plaques de l’Ohio, derrière le volant il y avait Frank
Alors je l’ai pourchassé à travers les routes du comté
Jusqu’à ce qu’un panneau annonce la frontière canadienne pour dans 5 miles
Je me suis garé sur le coté de l’autoroute et j’ai regardé ses feux arrières disparaître
Moi et Franky riant et buvant
On ne se sent jamais mieux qu’avec quelqu’un de son sang
Prenant notre tour pour danser avec Maria
Quand le groupe jouait « La nuit de l’inondation de Johnstown

Je l’attrape quand il s’égare comme n’importe quel frère le ferait
Un homme qui tourne le dos à sa famille et bien ce n’est pas un bon gars

 

 

 

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Viggo Mortensen, Dennis Hopper et Charles Bronson. Un film que je vous conseille vivement. D’ailleurs la chanson est l’une des plus belles du disque. Un des déclics pour l’écriture du morceau NEBRASKA fut peut-être la vision par BRUCE du film de Terrence Malik : Badlands ‘La Ballade Sauvage’, inspirés des péripéties de la vie d’un très jeune

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tueur en série Charles Starckweather et de sa petite amie de quatorze ans. Le disque une fois réalisé, la photo de pochette trouvée, une photographie de David Kennedy,

REASON TO BELIEVE  (Une raison d’y croire)

J’ai vu un homme qui se tenait à coté d’un chien mort
Qui était couché le long de l’autoroute dans un fossé
Il regardait vers le bas un peu perplexe titillant le chien avec un bâton
Il avait ouvert brusquement la porte de la voiture, il se tenait là sur l’autoroute 31
Comme si le fait de se tenir là suffisamment longtemps
Allait permettre au chien de se lever et de courir
Ca me frappe drôlement, ca me semble amusant, monsieur
Qu’à la fin de chaque jour durement gagné, les gens trouvent encore une raison d’y croire

Mary Lou aimait Johnny d’un amour important et sincère
Elle disait « Bébé, je travaillerai pour toi chaque jour et je te rammènerais mon argent à la maison »
Un jour, il est parti et l’a laissée, et depuis ce moment-là
Elle attend au bout de cette route poussièreuse que le jeune Johnny revienne
Ca me frappe drôlement, ca me semble amusant, monsieur
Comment à la fin de chaque jour durement gagné, les gens trouvent une raison d’y croire

Ils emmènent un bébé à la rivière, ils l’ont appellé Kyle William
Ils lavent le bébé dans l’eau, ca emporte les pêchés du petit Kyle
Dans une cabane de chasse blanchie, un vieil homme s’éteint
Ils emmènent son corps au cimetière et ils prient pour lui
Seigneur, ne nous diras-tu pas, dis nous ce que ca signifie
Qu’à la fin de chaque jour durement gagné, les gens trouvent encore une raison d’y croire

L’assemblée des fidèles se réunit le long de la rivière
Le prédicateur se tient là avec sa Bible, le marié attend sa fiancée
L’assemblée est partie et le soleil décline derrière un saule pleureur
Le marié se retrouve seul et regarde la rivière qui s’engouffre si facilement
Se demandant où sa chérie peut être
A la fin de chaque jour durement gagné, les gens trouvent encore une raison d’y croire

 

 

 

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il fallut trouver le titre du disque. Ce fut NEBRASKA et sa terrible histoire. Quand le disque sort, il se classe n°4 au Billboard, et se vend à 800 000 exemplaires uniquement aux Etats-Unis. Les critiques, majoritairement étaient bonnes, voir exceptionnelles. Le magazine Rolling Stone mis NEBRASKA parmi ses albums de l’année, et décerna à SPRINGSTEEN les titres d’Artiste de l’Année, de Meilleur Chanteur, et du Meilleur Compositeur.

MANSION ON THE HILL   (Le château sur la colline)

Il y a un endroit aux abords de la ville monsieur
Qui se dresse au dessus des usines et des champs
  depuis l’enfance, et jusqu’à présent je peux me rappeler le château sur la colline

Dans la journée, on pouvait voir les enfants jouer
Sur la route qui mène à ces grilles en acier trempé
Des grilles en acier qui entourent complètement monsieur le château sur la colline

La nuit, mon père m’emmènerait et on roulerait
Dans les rues d’une ville si silencieuse et immobile
On se garerait sur une route en arrière, le long du bord de l’autoroute
On lèverait les yeux vers ce château sur la colline

L’été, toutes les lumières brilleraient,
Il y aurait de la musique, les gens riraient tout le temps
Moi et ma soeur, on se cacherait dans les champs de grands épis de maïs
On s’assiérait et on tendrait l’oreille vers le château sur la colline.

Ce soir, ici dans la ville de Linden,
Je regarde les voitures qui rentrent chez eux de l’usine à toute vitesse
Il y a une belle pleine lune qui se lève au dessus du château sur la colline         

         

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On pouvait lire sous la plume de Mikal Gilmore, dans le Los Angeles Herald Examiner : « …Disque sombre impliqué et sans fioritures, NEBRASKA est aussi la tentative la plus réussie que la musique pop ait produit à ce jour d’un tableau d’ensemble de la vie américaine… »  Je pourrais vous parler de NEBRASKA pendant des heures, tant cet album m’a bouleversé.

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Je découvrais une autre facette du BOSS, et cette facette beaucoup moins éclatante, moins folle, moins rock’n’rollesque m’est tombée dessus avec la violence d’un train à grande vitesse. J’y découvrais un homme ayant pour toute arme, ses mots, sa guitare , et sa passion de raconter des tranches de vie, toutes ces petites choses, toutes ces petites histoires qui font l’Histoire, et que l’on pourrait appeler les choses de la vie…

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