JOE COCKER : « UNCHAIN MY HEART ». 1987

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Le premier choc pour moi, c’est indéniablement le Festival de Woodstock, les yeux mi-clos, des mouvements épileptiques, le corps traversé par des décharges électriques, envoyées par d’invisible coup de foudre, JOE COCKER entre dans l’histoire en reprenant une belle chanson pop des Beatles, et la transformant en un tsunami rock-soul-Rhythm’n’blues, parsemé de hurlements hystériques, avec cette voix n’appartenant qu’à lui, rocailleuse, râpeuse, qui se mariait si bien à sa gestuelle si particulière.

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Pour beaucoup JOE COCKER est né ce jour là, le dimanche 17 août 1969, troisième jour du festival. Une chanson qui le suivra partout au long des années, et qui restera son rappel obligatoire pour toutes ses fins de concerts jusqu’à sa mort.

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Né le 20 mai 1944 à Sheffield, la cité minière du nord de l’Angleterre. Il fait ses débuts dans des pubs et des cafés de la ville, la première fois en accompagnant son frère et son groupe de Skiffle, futur rock’n’roll, et pop-rock. Ses influences majeures sont Ray Charles et Lonnie Donegan. JOE forme son premier groupe « les Cavaliers« , mais au bout d’un an, c’est la séparation, et JOE devient apprenti plombier/gazier, tout en continuant la musique.

1. « Unchain My Heart« 

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En 61 il prend le nom de Vance Arnold, et forme un nouveau groupe « Vance Arnold & The Avengers« . Le groupe joue surtout dans les pubs des reprises de Chuck Berry et Ray Charles. En 1963, dans la salle des fêtes de Sheffield, ils assurent la première partie d’un jeune groupe The Rolling Stones. Après une audition auprès du producteur Mike Leander, et l’enregistrement d’une bonne démo, Mike fait signer à JOE un contrat personnel avec Decca Records, qui publie un premier 45 tours, une reprise des Beatles  « I’ll Cry Instead« . Malgré la présence de Jimmy Page à la guitare et une importante publicité investie par Decca, le single est un échec total. Le contrat prend fin en 1964

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Qu’à cela ne tienne, JOE monte un nouveau groupe Joe Cocker’s Big Blues, et fait les premières parties de Manfred Mann et des Hollies en Angleterre, et dans les bases militaires américaines en France. En 1965 JOE COCKER retourne à son travail de gazier. En 1966 JOE s’adjoint les services du claviériste Chris Stainton,

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et forment « The Grease Band« , comme pour le groupe précédent ils se produisent dans les pubs. Denny Cordell, producteur du Procol Harum, des Moodie Blues et de Georgie Fame les remarque, et fait enregistrer le single « Marjorine » uniquement par JOE.

2. « Two Wrongs« 

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Un nouveau Grease Band se forme avec d’autres musiciens, seul Stainton fait parti de la nouvelle reformation, dont Tommy Eyre aux claviers. Denny Cordell leur obtient de jouer régulièrement au Marquee Club de Londres. « Marjorine » est un petit succès aux Etats-Unis,

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et Cordell propose à JOE d’enregistrer une autre reprise des Beatles « With A Little Help From My Friends » surtout pour le public américain. On retrouve Jimmy Page à la guitare solo, B.J. Wilson le batteur du Procol Harum, Henry McCullough

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(future Wings de Paul McCartney), Stevie Winwood. Le morceau entre au Top Ten et y grimpe jusqu’à la place, n’arrivant qu’à la 68° place au Billboard américains. Pour la tournée McCullough est le seul guitariste. Le Grease Band tourne avec The Who en Angleterre en automne 1968, puis avec Gene Pitney, chanteur compositeur américain en hiver 1969. Au printemps, le groupe s’embarque pour sa première tournée américaine au moment où l’album sort aux USA.

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Il devient disque d’Or. Le groupe participe à quelques festivals importants tels le Festival De Folk de New Port, le Denver Pop Festival. Après divers changement de personnel le Grease Band se stabilise autour de Stainton – claviers, McCullough – guitares, Neil Hubbard – guitares, Alan Spenner – basse, Bruce Rowland – batterie.

3. « I Stand In Wonder« 

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C’est cette formule qu’immortalise le Festival de Woodstock.

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On trouve également sur l’album une superbe version d’un titre de Dave Mason « Feelin’ Allright« , qui devient aussi un classique de JOE COCKER. Après Woodstock, COCKER enregistre un nouveau disque,

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qui porte son nom et parait en novembre 1969, on y retrouve deux reprises des Beatles, et le « Delta Lady » du pianiste Leon Russell.

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COCKER part en tournée aux USA, début 1970. Un gigantesque Barnum (où tout est permis selon Jim Gordon) qui donne un double album et un film « Mad Dogs & Englishmen« ,

« Cry Me a River«  Mad Dogs & The Englishmen

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« She Came In Through The Bathroom Window«  Mad Dogs & The Englishmen

une vingtaine de musiciens sur scène, deux batteurs, Leon Russell, Chris Stainton, Don Preston, Carl Raddle, Jim Gordon, Jim Keltner, Chuck Blackwell, Bobby Keys, Jim Price, Sandy Konikoff, quant aux choristes, Don Preston, Rita Coolidge, Claudia Linnear, Daniel Moore, Donna Wiess, Pamela Polland, Matthew Moore, Donna Washburn, Nicole Barclay, Bobby Jones. Les concerts dépassent deux heures trente, c’est un peu tout et n’importe quoi, et pour tenir le coup l’alcool fait son apparition.

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« The Letter«  Mad Dogs & The Englishmen

De fortes tensions naissent entre le chanteur et Leon Russel. JOE termine la tournée mentalement et physiquement épuisé. En 1971 parait le 45 tours « High Time We Want » dans lequel COCKER jette ses dernières forces,

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avant de sombrer dans l’alcoolisme et des périodes de fortes dépressions et d’autodestructions. Après presque deux années loin du monde musical JOE part en tournée avec le groupe qu’a réuni Chris Stainton. Madison Square Garden, 20,000 personnes.

Joe Cocker

Les tournées s’enchainent, et arrive un nouvel album « Joe Cocker« . Durant la tournée australienne de 1972, COCKER est arrêté pour détention de marijuana, s’ensuit un dépôt de plainte pour rixe à l’hôtel…

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4. « The River’s Rising« 

La police lui donne quarante huit heures pour quitter le pays, peu après Stainton quitte la carrière de musicien pour monter son propre studio d’enregistrement.

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JOE sombre de nouveau dans la dépression et se met à l’héroïne jusqu’en 73, mais continue d’abuser du tabac et de l’alcool. Fin 1974 nouvel album « I Can Stand The Rain« , classé numéro 11 aux USA.

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5. « Isolation« 

Mais malgré les succès critiques et commerciaux JOE a de plus en plus de problèmes avec ses prestations scéniques, à cause de l’alcool. Les ventes de l’album suivant « Jamaïca Say You Will » sont décevantes.

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En 1976 COCKER accumule huit cent mille dollars  de dettes envers A&M records, et se débat avec l’alcool. En été 1976, l’organisateur du Festival de Woodstock Michael Lang remet le couvert au Circuit Paul Ricard, avec une superbe affiche, JOE COCKER, Eddie Palmieri, Stuff, Passport, John McLaughling, The Crusaders, Jimmy Cliff, Magma, Gil Scott-Heron, Boule Noire et Betty Davis.

"Joe Cocker"

6. « All Our Tomorrows« 

Sur scène il fait peine à voir, offrant une vision pitoyable de lui même, il tient à peine debout, sa diction est pâteuse. Il est complètement saoul. Si sur disque il parvient à cacher tant bien que mal son état, sur scène cela lui est impossible, au bout de deux morceaux, il s’effondre sans pouvoir se relever. 1977 voit la sortie du nouveau disque, avec la présence de Steve Gadd, Chuck Rainey, et Rob Harley. « Luxury You Can Afford« 

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reçoit un accueil mitigé. COCKER se joint à la tournée Woodstock en Europe en 1979, puis joue à Central Park à New York devant 20,000 spectateurs. JOE décide de faire un album à tendance reggae et en 1982 « Sheffield Steel » obtient un vrai succès et devient l’album de la renaissance, de la rédemption.

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7. « A Woman Loves A Man« 

En 1982, à la demande de son producteur, JOE COCKER enregistre avec Jennifer Warnes le duo  « Up Where You Belong » pour la BO d’ Officier et Gentleman.

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Le succès est international et atteint la première place au Billboard, remporte un Grammy Award. Peu de temps après, COCKER est invité à chanter « You are so beautiful » avec Ray Charles à l’occasion d’un hommage réalisé par une chaine télé au Gand Ray. Son neuvième album « Civilized Man« 

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8. « Trust In Me« 

remporte un beau succès. L’album suivant nommé « COCKER » remporte un vif succès, un des morceaux sert dans la BO de « 9 semaines et 1/2 » «  You Can Leave Your Hat On« .

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En 1987 l’album  « UNCHAIN MY HEART » est nommé pour un Award, et devient un grand succès.

9. « The One« 

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Le titre éponyme passe des centaines de fois par jour sur les ondes des radios du monde entier. Pour le disque JOE a fait appel à la crème des musiciens, David Beal – batterie, T.M. Stevens – basse, Jeff Levine – claviers, Phil Grande – guitare et pour le chorus de sax du morceau « Unchain My Heart » le grand, l’immense Clarence Clemmons, saxophoniste de Bruce Springsteen.

10. « Satisfied« 

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A partir de ce moment la carrière de JOE COCKER suivra un tracé régulier, sans surprises, et loin des excès de tout genre, avec un succès régulier, mondial, planétaire. Jusqu’à ce triste 22 décembre 2014, où il perdit sa dernière bataille…

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« WOODSTOCK » 17 Août 1969

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