THE WHO : « LIVE AT LEEDS ».1969

R-5004263-1381877045-6193

Si comme cela, de but en blanc, vous me demandiez de vous citer mes quatre albums live préférés, tout de suite je vous dirais The Who  « Live At Leeds » , The Allman Brothers Band – Live at Fillmore East, Jimi Hendrix Band Of Gypsys, Magma – Hhaï Live 1976. Ce serait plus compliqué si vous m’en demandiez dix. Ca me demanderait plus de réflexion…. Mais c’est quatre là, viennent d’une manière automatique. « Live At Leeds«  des Who est pour moi une évidence.

71_thewho3_640

1. « Young Man Blues« 

Jamais, les quatre chiens fous britanniques n’ont mieux joués, et l’enregistrement de 1969 est d’une telle qualité pour l’époque, que cela en est hallucinant. L’après Tommy s’annonçait difficile, pas évident après un Chef d’Œuvre de se renouveler. Le live venait au bon moment, d’abord pour contre carrer les pirates qui circulaient, puis, le groupe était arrivé à un tel point de perfection technique, que tout leur était possible,

Roger-Daltrey-roger-daltrey-28148671-536-363

et enfin, il possédait suffisamment  de titres pour remplir plusieurs disque en public. Le seul et unique défaut de « Live at Leeds«  a toujours été sa trop courte durée, six titres, juste un album simple. Heureusement en 1995, pour l’édition du 25° anniversaire, Polydor, le label des Who sortit une version remastérisée de quatorze titres, d’une durée totale de soixante dix sept minutes. Et en 2001 pour la « Deluxe Edition » , nous eûmes droit à un double CD, reprenant l’intégralité de Tommy,

29_640

2. « Substitute« 

c’est à dire trente trois titres. Le bonheur total, plus de trente années après sa première parution. N’oubliez pas qu’à l’époque, on disait que les soirs où les Who étaient en forme, ils étaient le plus grand groupe scénique de rock au monde… « Tommy » marque un tournant important dans la vie du groupe, la fin du temps des vaches maigres. L’argent arrive dans les caisses, et surtout une reconnaissance mondiale. Et puis il faut absolument faire entendre à tout ceux qui ne les ont jamais vu sur scène, à quoi peut

20121016-the-who-1971-1350399796

ressembler cette tornade, cet ouragan sonore apocalyptique et dévastateur. D’où la nécessité de réaliser un disque en public, la gigantesque tournée de « Tommy » leur en fournie l’occasion. Pete Townshend avait demandé à son technicien, que l’on enregistre une trentaine de concerts afin de pouvoir choisir parmi les meilleurs. Le soucis était, que tous les concerts étaient extraordinaires, l’acoustiques des grandes salles d’Opéra où s’étaient donnés le plus grand nombre des concerts avait permis de superbes enregistrements.

a299581b

3. « Summertime Blues« 

Il restait deux concerts à donner encore en Angleterre avant la fin de la tournée, et où l’on pouvait utiliser un studio mobile professionnel. Leeds et Hull. Townshend décida de faire louer un huit pistes, d’enregistrer les deux concerts, et que lui même les mixerais dans son studio personnel, gardant celui qu’il jugerait le meilleur des deux. Pete venait d’améliorer son studio avec un magnéto pro multipistes et une nouvelle table de mixage. Quand son technicien lui demanda ce qu’il devait faire des trente bandes des concerts déjà enregistrées, Pete lui répondit « Brûle-les, et si un jour j’entends une version pirate de ces bandes, je saurais d’où elle vient… »

THE-WHO

C’est ainsi que partirent en fumée des concerts de l’été 1969, dont les sept concerts du Fillmore de New York, et deux soirées mémorables au Boston Tea Party, et bien d’autres merveilles. Le disque live devait parfaitement refléter l’ambiance durant un concert des Who, mélange de standards de Rock’n’roll, et chansons originales, avec puisque tournée oblige un extrait de Tommy.

who-air-guitar

4. « Shakin’ All Over« 

Pete Townshend racontera plus tard « …J’ai fait plus attention que d’habitude en jouant, et j’ai essayé d’éviter les fausses notes que je faisais souvent en sautant dans tous les sens. Le lendemain, nous faisions un set similaire au City Hall de Hull. Le lieu avait aussi une bonne acoustique pour le rock bruyant, mais le concert m’a paru moins intense que le soir précédent… Je n’ai discuté du choix des titres à mettre sur l’album avec personne. J’ignore pourquoi, j’ai décidé d’exclure les chansons de Tommy,

20130224-thewho-tommy-thumb-624x420-1361737615

j’ai corrigé quelques erreurs ici et là, avant de réaliser que tout l’enregistrement était gâché par des clics très bruyants, il a fallu enlever chacun de ces bruits de la bande master, mais les bruits plus faibles ne pouvaient être rattrapés. Chris, notre manager a ajouté une note sur le rond central indiquant que ces bruits avaient été laissés intentionnellement. J’ai pris la décision discutable de ne pas augmenter les applaudissements du public. Il n’y avait pas de piste dédiée au public. J’ai donc laissé les applaudissements tels quels, pour obtenir un objet plein de défaut, mais fidèle… »

44_640

5. « My Generation« 

« Live At Leeds«  débute donc par une reprise de Mose Allison « Young Man Blues«  , toutes griffes dehors, la précision des musiciens est hallucinante, et leur niveau de technicité a atteint un seuil que peu de musiciens de l’époque n’avaient égalé, la basse de John Enwhistle chante d’une manière magnifique, la batterie de Keith Moon sonne comme s’il possédait quatre bras et quatre mains, la guitare de Townshend donne dans le hard avant l’heure, et la voix de Roger Daltrey nous rappelle que les quatre sont quand même humains.

roger-daltrey-350x323

« Substitute » un des 45 tours des Who, dans une version un peu courte, le  « Summertime Blues » d’Eddie Cochran/Jerry Capehart, un des grands classiques des Who, immanquable à tous les concerts, une grandissime version du « Shakin’ All Over » de Johnny Kidd, suivit d’un « My Generation » dantesque de près de quinze minutes comprenant un extrait de Tommy, qui démontre ce que le groupe est capable de faire les bons soirs. L’album se terminant par une version énorme de  « Magic Bus » .

Pete Townshend of The Who, NY, 1974

6. « Magic Bus« 

L’album « Live At Leeds«  reçu un accueil extraordinaire, ce raz de marée sonore renversa tout sur son passage, et ouvrit une brèche à la révolution Hard Rock qui pointait un peu son nez. Nick Cohn écrivit dans le New York Times : « Tommy » est le premier Chef d’Œuvre formel du Rock, « Live At Leeds » est l’holocauste ultime du Hard Rock. C’est le meilleur album live de Rock jamais enregistré ».

Que puis-je dire de plus?….

classic2bandontotp_l

***

One thought on “THE WHO : « LIVE AT LEEDS ».1969

  1. Budgie dit :

    Le live à Hull, paru il y a peu, est fantastique aussi. Ce fut mon premier cd, acheté quand j’avais 12 ans avec mon argent de poche, quelque part dans les années 90. Je connaissais le Rock par Police, Téléphone et Dire Straits. Mais là c’était une autre dimension. Je découvrais le Rock méchant, celui qui arrache les oreilles. La suite, ce sera Jimi Hendrix. Je continue à écouter ce disque avec un immense plaisir.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.