CREAM : « WHEELS OF FIRE » .1968

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Pour célébrer les 70 ans, le 30 mars dernier de notre ami Eric Clapton, un petit saut dans le passé.

« Wheels Of Fire » marque l’apothéose des Cream. Le groupe semble, comme si cela était encore possible, s’améliorer au fur et à mesure des concerts. Connaissant de plus en plus de succès, tout le monde rêve d’un concert des Cream, et du Jimi Hendrix’s Experience à la même affiche. Les deux trios sont au zénith, et tiennent le haut du pavé du rock Psychédélique de cette fin de décennie. Entre 1967 et 1969 chaque album des Cream est Disque d’Or aux Etats-Unis, et amène de plus en plus de spectateurs à leurs concerts. Même si l’on sait que les conflits d’égo entre Ginger Baker et Jack Bruce, ne pourront que mal se terminer.

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Le troisième album des Cream vient confirmer sa place, d’un des plus grands groupes de rock de cette époque, l’un des premiers super Groupe. « Wheels Of Fire » est important car il montre les deux visages du groupe, celui, léché, polit, brillant, millimétré de Cream en studio, et la folie, l’exubérance, la liberté et la puissance du groupe sur scène.

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1. « White Room« 

Le premier disque enregistré en studio avec de nouveaux morceaux, dont de futurs hits, le second enregistré en public, durant la tournée 1968. Le groupe est au sommet de sa forme. Après l’immense succès de « Disraeli Gears » , Cream est le groupe à voir sur scène, car c’est là justement , sur scène que le groupe s’envole.

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La moindre chanson est prétexte à de long chorus où chacun des musiciens démontre l’extrême maîtrise de son instrument. Pour leur nouveau producteur Tom Dowd, c’est le moment idéal pour sortir un troisième album, et frapper très fort.

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Un double 33 tours contenant un album en studio avec de nouveaux titres, et un second disque enregistré durant la tournée « Disraeli Gears ». Afin de permettre à ceux qui ne connaissent pas le groupe en public, de se faire une idée d’un concert des Cream.

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2. « Sitting On Top Of The World« 

L’album studio est représentatif de son époque, un Rock Bluesy Hard Psychédélique, aux morceaux travaillés et ciselés, « White Room »  « Sitting On Top Of The World »  « Politician »  « Deserted Cities Of The Heart »  « Born Under A Bad Sign »,

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nouveaux morceaux ou reprises, toutes ces versions deviendront des classiques. Le disque Live propose lui des versions de titres enregistrés au Fillmore West et au Winterland, deux salles de concerts mythiques de San Francisco,

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3. « Passing The Time« 

et offre tout ce que l’on est en droit d’attendre d’un album Rock/Blues de cette époque glorieuse, et permet de montrer la manière de travailler des musiciens de Cream, qui à l’instar d’un groupe de Jazz se sert du moindre morceau pour laisser les instruments s’exprimer en de longs chorus durant de longues minutes.

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Ce qui demande bien sur une absolue connaissance de son instrument, et une technique plus que parfaite. Car de nombreux groupes ont essayé d’improviser sur des chansons, mais les résultats ressemblent plus à du remplissage qu’à de la musique : Led Zeppelin par exemple.

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4. « As You Said« 

« Wheels Of Fire » devient un authentique Best Sellers, une Œuvre mythique, sous sa pochette argentée aux dessins psychédéliques. Quatre vingt minutes de pur bonheur, qui débute par le très fameux « White Room » caractéristique du groupe, une pédale wah-wah bien en avant,

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comme un gimmick répétitif, et un magnifique chorus vers la fin du titre, Clapton impérial accompagné par deux génies de leurs instruments respectifs. C’est Jack Bruce qui chante également.

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Le second morceau est une reprise de Chester Burnett, un blues lent, « Sitting On Top Of The World ». Clapton met son empreinte sur tous les morceaux, Bruce y chante de nouveau. Le troisième titre est une composition de Ginger Baker « Passing The Time » il y joue à part de la batterie, du Glockenspiel, et il chante,

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5. « Pressed Rat And Warthog« 

Felix Pappalardi leur producteur et ami y joue des claviers et de l’orgue. Le titre suivant « As You Said » est plus acoustique, Clapton a laissé la guitare électrique, et Jack Bruce a prit l’archet pour son violoncelle. Original, mais pas vraiment inoubliable.

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Le sixième morceau chanté ou plus tôt déclamé par Ginger est aussi une de ses compositions, et ne laisse guère un souvenir impérissable. Il faut attendre le sixième morceau pour retrouver du Cream, avec le titre « Politician » , cynique il est signé du tandem Bruce/Brown.

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6. « Politician« 

C’est un morceau majeur du disque. la piste de guitare y est doublée, et Clapton joue simultanément deux chorus de guitares.  « Those Were The Days » signée Baker, ponctuée de tintement de cloches, contient dans sa deuxième partie un court mais superbe chorus de guitare.

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7. « Those Were The Days« 

Le génial blues « Born Under A Bad Sign » de Booker T. Jones et William Bell prend une nouvelle jeunesse, sous les doigts magiques d’Eric.

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8. « Born Under A Bad Sign« 

La face studio d’achève sur « Deserted Cities Of The Heart » et ses breaks percussifs, et les rythmes lourds de Ginger, un chorus de Clapton,

9. « Deserted Cities Of The Sky« 

un titre qui prend toute sa dimension sur scène. Le second disque est bien sur totalement différent du disque studio,

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c’est un joyau d’un éclat qui ne s’est toujours pas ternis malgré les longues années passées. Les trois musiciens rivalisent de technique, c’est à celui qui en imposera le plus aux deux autres. Il est à l’opposé de l’album studio ciselé, là, tout est vivant.

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 Le disque live débute par un morceau de Robert Johnson, « Crossroads » , immortalisé par les Cream au Fillmore. « Crossroads »  dans son écrin de rock/blues nerveux, permet à Clapton sur un titre d’à peine plus de quatre minutes, donc assez court, de nous donner son plus fabuleux chorus de guitare.

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Chaque note est un pan de l’histoire de la Musique Pop Moderne, l’accompagnement de Bruce et de Baker est fantastique. Des riffs de guitares répétés qui nous emmènent vers deux fabuleux petits chorus, chantant, splendides. Clapton semble avoir été touché par la grâce ce soir là, au Winterland, il ne peut en être autrement.

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De nombreux groupes tenteront de rejouer « Crossroads » essayant de refaire note pour note les chorus de Clapton, mais pas un ne fut capable de reproduire ce feeling particulier qui émane de ce titre et s’y briseront les reins.  Molly Hatchet, Lynyrd Skynyrd. 

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« Crossroads » c’est Eric Clapton. Point final. Et en plus c’est Clapton qui le chante…Ce morceau est devenu, l’un des plus importants de l’histoire de la musique rock populaire. Il est incontournable.

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10. « Crossroads« 

Le second titre est une autre reprise « Spoonful » de Willie Dixon, qui figure sur le premier album des Cream  « Fresh Cream », il y dure environ cinq minutes, ce soir là, au Winterland, les trois musiciens le feront durer plus de seize minutes.

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Ils font au rock live, ce qu’a toujours fait le jazz, l’énoncé du thème par l’ensemble des musiciens, puis chacun y va de son chorus personnel, chacun suit sa propre ligne, sa propre improvisation, différente les unes des autres, mais connaissant toujours le but à atteindre.

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Ce n’est pas, je le répète du remplissage comme a pu le faire de nombreux groupes sur scène, afin de faire durer un morceau beaucoup plus longtemps comme Led Zeppelin par exemple, là nous avons trois génies de leur instrument qui laissent parler leur âme, leur imagination, improvisant

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totalement jusqu’à avoir atteint les limites de celle ci, pour revenir au thème principal, le reprendre tous ensemble, et le terminer, ayant raconter tout ce qu’ils pouvaient en dire. « Spoonful » c’est ça.

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11. « Spoonful« 

L’aboutissement d’une perfection entre les musiciens, une osmose magique à laquelle n’avait pas réussit à aboutir Jimi Hendrix et son Experience.

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Le troisième morceau « Traintime » de Jack Bruce est un exercice pour harmoniciste et batteur, Ginger Baker est aux balais,

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et nous sommes à bord d’un train. Parfaite entente entre Ginger et Jack. C’est peut être le morceau le moins intéressant de l’album live, même s’il nous fait taper du pied. Enfin le live s’achève avec « Toad » le morceau de bravoure de Ginger Baker  son solo de batterie de quinze minutes.

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Solo pour le moins intéressant même si je le trouve personnellement un peu trop long. Pour ma part je préfère celui de Jon Hiseman (Colosseum) dans l’album « Daughter Of Time » , où le développement d’un chorus de Christian Vander. Mais il est bien dans l’esprit de l’époque, et Ginger se sert à merveille de sa double grosse caisse.

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13. « Toad« 

A sa sortie le double album fit un véritable carton, comme on savait en plus que Cream était sur sa fin de carrière, cela dopa les ventes, et l’album monta à la troisième place des charts en Angleterre et aux USA. Cream fut le premier groupe à recevoir un Disque de Platine pour un album.

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C’était bien mérité… pour un disque aussi complet, aussi important dans l’histoire de la musique rock vivante que ce « Wheels Of Fire » .

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