UK : « NIGHT AFTER NIGHT » .1979

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J’ai eu la chance de voir trois fois ce groupe exceptionnel, et cela reste un magnifique souvenir. Ce trio avait quelque chose de magique, trois musiciens hors pairs, dont un batteur à proprement parler hallucinant, Terry Bozzio. Je l’avais vu avec Frank Zappa, entre parenthèses la meilleure école possible, et il m’avait déjà impressionné,

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1. « Night After Night« 

mais là au sein d’une petite formation, il devenait hallucinant, alliant précision, puissance, force, technique, feeling, ce que très peu de batteurs sont capable de réaliser, surtout dans le monde du Rock.

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Contrôlant chaque frappe au millième de seconde. Je pense qu’après Christian Vander, c’est le batteur le plus fantastique que j’ai vu…

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Avec lui à la basse, John Wetton, bassiste, chanteur, auteur compositeur accompli. Il a fait ses armes avec Mogul Trash, Family, Wishbone Ash, Uriah Heep, Roxy Music, King Crimson, quelques années plus tard il créera Asia.

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2. « Rendez Vous 6:02« 

Pour les claviers et le violon Eddie Jobson, ex-Curved Air, Roxy Music, Bryan Ferry,  Phil Manzanera, King Crimson, Frank Zappa, Jethro Tull.

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Cette formation réalise deux albums en 1979 « Danger Money » et le live « Night After Night ». C’est en 1977 que le groupe se forme autour de John Wetton, Eddie Jobson, Allan Holdsworth, guitares (Tempest, Soft Machine, The New Tony Williams Lifetime, Gong), et du batteur Bill Brufford ex-Yes, King Crimson.

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A sa création on le qualifie de super groupe Anglais de rock progressif. Technique, précision impeccables, arrangements complexes, belle construction des morceaux, mélodies et thèmes parfaits.

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3. « Nothing To Lose« 

Du jour au lendemain U.K. devient quasiment un groupe mythique, un mètre étalon de ce que doit être un groupe de rock progressif parfait. Avec un line-up pareil, il n’y a rien d’étonnant, tous les musiciens sont reconnus comme maitre de leurs instruments. Le groupe est rapidement signé sur le label E G Records, et sort en 1978 son premier album  « In The Dead of Night » . Unanimement salué par les critiques du monde entier, le disque est un énorme succès populaire.

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Malgré tout, après la seconde tournée, Brufford et Holdsworth quittent le groupe. C’est alors que Terry Bozzio intègre le groupe. Tout le monde, fans et critiques sont un peu fébrile quant à l’avenir du groupe, mais les doutes sont dissipés avec la sortie en 1979 du splendide « Danger Money » .

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4. « As Long As You Want Me Here« 

Son succès est encore plus important que celui du premier disque, aucune baisse de régime dans le groupe, bien au contraire, il est sur-vitaminé et propose un album majeur, où la voix chaude de John Wetton se marie parfaitement à la musique merveilleusement travaillée et ciselé de l’album,

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bien que réduit à trois membres, le groupe semble encore posséder plus de puissance qu’auparavant. D’ailleurs les deux albums sont totalement différents, comme s’ils étaient de deux groupes. Bozzio apporte une mouvance dans les rythmes, un côté plus jazzy, plus fou, plus démesuré.

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La production est magnifique, l’album bénéficie d’un son absolument parfait, et Jobson pour palier le manque de guitare travaille doublement, multipliant les pistes de violons, synthés, et autres claviers.

5. « Alaska« 

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Le trio met toutes sa vigueur, ses tripes dans cet album, qui ne possède aucune faiblesse, aucune mauvaise chanson. Un morceau par contre se démarque de l’ensemble, un petit Chef d’Œuvre de plus de treize minutes intitulé « Carrying No Cross » qui nous rappelle un peu le morceau « Starless » de King Crimson.

« Carrying No Cross »

La virtuosité des trois musiciens est véritablement incroyable, et les performances effectuées au service de chaque morceau sont à applaudir. La complexité de certains thèmes, semble couler avec une fluidité ahurissante.

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Cet album est pour moi une véritable merveille de rock progressif, à ranger aux côtés des grands classiques du genre. Les tournées qui suivent la sortie de l’album emmènent U.K. à travers le monde, Europe, Etats-Unis, Japon. Tous les concerts sont donnés à guichets fermés. Le groupe passe une première fois en France le mardi 13 mars 1979 au Stadium, avenue d’Ivry à Paris, le concert est très beau, mais l’acoustique n’est pas vraiment à la hauteur, c’est dommage, puis deux autres fois le vendredi 14 décembre 1979 dans une salle derrière les Champs Elysées, Le Jardin, avenue Gabriel, pour deux concerts. Le premier à 19 heures, le second à 22 heures.

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6 « Time To Kill« 

Le groupe depuis a atteint un degré de connivence et d’automatisme encore supérieurs, de simples regards entre eux suffisent, pour changer de thèmes, prendre un chorus.  A la différence du concert du mois de mars, l’acoustique est absolument parfaite, la salle n’est pas trop grande, le vision de la scène idéale. J’avais bien sur des billets pour les deux concerts, heureusement, car le premier fut une sorte de répétition plus courte du suivant. Sachant qu’il devait assurer un second set un peu plus tard, le groupe ne se lâchait pas totalement,

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on sentait bien que les musiciens se retenaient quelque peu, et puis surtout le concert fut très court, un peu plus d’une heure, sans rappel, malgré les cris, les applaudissements et les hurlements du public ulcéré d’avoir été lésé. L’ambiance commençait à devenir assez chaude, car personne ne voulait quitter sa place, et tout le monde réclamait le groupe, on n’entendait que des cris, des sifflets, des remboursés. Puis un des organisateurs de la tournée est monté sur scène pour essayer de calmer le public, en expliquant que U.K. ne pouvait jouer plus à cause du second concert, qu’il devait maintenant se reposer un peu, ce qui ne calma que peu de monde,

7. « Presto Vivace« 

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car beaucoup criaient qu’ils avaient payé pour un concert entier et non un demi concert. Enfin cela dura encore une bonne demie heure, puis petit à petit, les spectateurs du premier concert se levèrent et partirent très énervés, ce que je comprenais bien naturellement. Ayant mon ticket pour le second concert, je n’ai même pas eu besoin se sortir pour re-rentrer, j’ai pu rester à ma place ainsi que tous les spectateurs qui avaient leurs deux billets pour les deux concerts. Puis le public du second concert entra à son tour, et la salle se retrouva pleine à craquer pour un second concert d’anthologie, n’ayant que peu de rapport avec le premier.

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Ce fut magnifique, et durant près de deux heures U.K. nous délivra une musique somptueuse, jouée avec une maestria digne des grands musiciens qui composaient ce groupe gigantesque. Ce fut un best of de leurs plus grands morceaux, accompagné de chorus de violon, de batterie, de basse. La batterie de Terry Bozzio était gigantesque, deux grosses caisses, une multitude de toms plats, et une forêt de cymbales. J’en garde un souvenir encore émerveillé lorsque j’y pense.

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8. « In The Dead Of Night« 

Chaque morceau était une œuvre à part entière, complet, intense, ciselé.. Violons électriques, synthétiseurs, piano, orgue Hammond, combinés à de puissantes guitares jouées par Wetton, soutenu avec délicatesse ou propulsé par un fantastique jeu de batterie. Un bon album, ne peut donner qu’un bon concert avec de tels professionnels.

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 Durant cette tournée mondiale, comme je vous l’ai dit plus haut, U.K. est passé au Japon, et en a profité pour enregistrer un splendide album live qui verra le jour en septembre 1979, alors que le groupe venait de se séparer. L’album live intitulé « Night After Night » ce fut le cadeau de fin d’année du groupe à ses fans mondiaux. Un album qui n’a pas pris une seule ride en quarante six ans c’est quand même un exploit magnifique.

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Un album live essentiel pour se rappeler de la folie retenue et dévastatrice du groupe sur une scène, un immense chanteur bassiste, un violoniste, claviériste exceptionnel, et un batteur d’une autre planète.

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9. « Caesar’s Palace Blues« 

En mars 1980 U.K. est hélas officiellement dissous. Chaque musicien réintégra une formation, Wetton formera l’excellent Asia en 1982, avec Carl Palmer, Steve Howe. Il faut attendre 2009 pour que Wetton et Jobson parlent d’une éventuelle réunion possible. Il y eut quelques concerts au Royaume Uni, en Pologne. U.K. s’est récemment reformé en 2013 pour la tournée « Azure Seas » autour de  Terry Bozzio, Alex Machacek guitare.

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Pour la tournée suivante, sur la Côte Est, Bozzio jeta les gants, et un nouveau batteur, le très doué Virgil Donati fit son arrivée dans le groupe. 

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U.K. apparaitra dans l’édition 2014 de « Cruise To The Edge »

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avec le line-up suivant Jobson, Wetton, Machacek et Donati« Cruise To The Edge », est une croisière sur un paquebot de luxe, durant laquelle de nombreux groupes de rock progressif jouent chaque soir.

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L’histoire n’est donc pas toujours pas terminé, tant mieux et peut-être à un de ces jours. Qui sait…

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