DVD. « WHEN A STRANGER CALLS » « TERREUR SUR LA LIGNE ». 1979

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 Il existe des films, qui ne payent pas de mine, que l’on ne remarque pas, et qui pourtant vous laisse quand vous les avez vu, un souvenir d’angoisse, de quasi terreur dans le crâne et dans le coeur. De petits films anonymes qu’un copain à vu, qu’il vous a partiellement raconté, sans toute fois vous en déflorer la fin, et qui immédiatement vous donne envie de courir dans les salles de cinéma où ceux-ci sont programmés. C’est exactement ce qui c’est passé pour moi avec TERREUR SUR LA LIGNE WHEN A STRANGER CALLS.

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Un ami m’en avait parlé durant un repas au restaurant d’une manière complètement dithyrambique, et sachant que ce n’était guère son habitude, je m’étais dit, Ouh La La, ce film, ce doit ètre quelque chose. J’appris par la suite que le ce film obtint en 1979, le Grand Prix de Jury et du Public au célèbre Festival Du Film Fantastique Et De Science-Fiction d’Avoriaz. Belle carte de visite… Malheureusement comme celà arrive souvent, plus aucune salle de cinéma ne le diffusait. J’ai attendu quelques années pour pouvoir le visionner sur une vidéo-cassette de bien piètre qualité, et là, à la première vision, le CHOC !!! Je pense sincèrement qu’aucun film ne m’a fait autant flipper que ce TERREUR SUR LA LIGNE.

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Sans effets spéciaux, sans maquillages, sans gimmicks si fréquents à presque tous les films fantastiques, sans monstres, sans la moindre goutte de sang, mais simplement par une histoire palpitante, des dialogues qui font mouche, des cadrages, des plans, des situations, une musique il faut bien le dire colle au film, bien angoissante, il suffit d’écouter la bande originale durant le générique du début du film pour être de suite plongé dans des couleurs ténébreuses, et surtout un excellent scénario, le réalisateur FRED WALTON nous emmène dans un imaginaire terrifiant…

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Pas de grands acteurs connus, hormis un remarquable CHARLES DURNING saisissant de sobrièté et de réalisme. Divisé en trois parties, le film nous relate les péripéties de Jill Johnson (CAROL KANE), une étudiante baby-sitter, qui un soir se rend au domicile du docteur Mandrakis et de son épouse, afin de garder leurs deux enfants, que leur mère a eut beaucoup de mal à endormir. Donc instruction est donnée, de ne pas monter à l’étage où ils dorment, pour ne pas risquer de les réveiller… Mais voila, une fois seule dans la maison, Jill est harcelée au téléphone par un homme, qui petit à petit fait monter son angoisse, la transformant rapidement en terreur, et qui lui demande toujours, à chaque appel, « Etes-vous allée voir les enfants… »

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N’en pouvant plus, Jill téléphone à la police, plusieurs fois, avant de s’entendre dire qu’ils vont essayer de trouver le point d’appel, et de tenir l »homme » en ligne le plus longtemps possible pour la localisation. Ce qu’elle essaie de faire quand celui-ci la rappelle, mais n’en pouvant plus elle raccroche… La sonnerie retentit une nouvelle fois : c’est la police, ils ont localisé l’appel, celà vient de l’intérieur de la maison, d’une seconde ligne qui n’a jamais été coupée !!! Jill doit sortir de la maison le plus vite possible…

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Le combiné toujours en main, elle tourne légèrement la tête, voit un morceau du couloir devant la porte de la chambre des enfants, l’ombre de la porte que l’on ouvre et celle d’un homme en sortir… La police est là. Les deux enfants ont été massacrés, l’ « homme », Curt Duncan (TONY BECKLEY), assassin psychotique, ressortissant anglais est arrêté par l’inspecteur John Clifford (CHARLES DURNING),

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jugé et envoyé en asyle psychiatrique jusqu’à la fin de ses jours. Dans cette première partie du film, le réalisme est implaccable, oui celà pourrait arriver. On baigne dans une atmosphère lourde et angoissante, les lumières sont tamisées. C’est un huis-clos étouffant, éprouvant d’une petite demie-heure, que l’on vit, rivé à son fauteil, le coeur battant…Les mains accrochées aux accoudoirs, les ongles enfoncés dans les bras du fauteuil. La tension ne fait que monter. Elle ne vous lâche pas. De plus la musique se manifeste judicieusement, aux bons moments, pour en rajouter une couche.  Indéniablement ces quelques trente minutes sont à mettre dans les annales du Cinéma Fantastique.

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La seconde partie, partie centrale du film, nous permet de respirer un peu, l’intensité dramatique si elle existe, est plus psychologique, elle nous permet de mieux cerner le « monstre », le tueur. Cette seconde partie est il faut bien le dire bien moins forte et éprouvante que la première, et à vrai dire cela nous fait du bien, on respire mieux…

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Sept années ont passé, l’inspecteur Clifford est à la retraite, et et devenu enquêteur privé, il est appelé par le père des deux enfants assassinés. Son épouse est décédée un peu à près le drame, et il a appris que Curt Duncan

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s’est échappé de l’asyle où il était détenu, aussi demande -t-il à Clifford de le retrouver, quelque soit la somme d’argent à payer, et le temps qu’il faut pout y arriver.Ceci est le thême de la partie centrale du film, la chasse à l’assassin, et plus d’une fois l’inspecteur sera à trois doigts d’y arriver…

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Le tueur dans cette partie prend visage humain, on le découvre plus en profondeur, c’est un être complexe qui essaie de se construire une existence normale dans son monde d’anormalité… Mais le réalisateur nous entraîne de de charybde en scylla.

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La troisième partie commence calmement, pour terminer dans une ambiance proche de la première… Jill Johnson depuis toutes ces années est devenue créatrice de mode, mariée, elle a deux enfants, et le drame qui s’est déroulé quelques dix années auparavant a disparu de sa mémoire, elle a sa photo dans les journaux, sa vie est sans nuage. Dans un plan de foule se promenant dans la rue, on reconnaît Duncan de dos, sale, tenant dans une main un journal où l’on voit Jill en première page…

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Et comme dans un rêve, on revit quasiment se qui s’est passé au début du film, Jill et son mari vont fêter sa réussite dans un restaurant, et font appel au service d’une baby-sitter pour garder les enfants durant la soirée… Nous sommes au restaurant, toutes les tables sont prises, et l’on voit Jill et son mari en train de prendre l’apéritif, un maître d’hotel vient la chercher car on la demande au téléphone, elle se déplace jusqu’au comptoir où se trouve l’appareil, prend le combiné dans sa main, le presse à son oreille… « Allo« , dit-elle, et une voix lugubre refait surface de son cerveau, d’un petit coin oublié et lointain de sa mémoire… »Etes-vous allée voir les enfants » !!!!!!!!!!!!

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La troisième partie du film vient juste de commencer, je m’arrêterais là, en aucun cas vous ne connaîtrez la fin en lisant ces lignes. Je vous la laisse découvrir par vous même… Dans les lignes que j’avais consacré à la sortie du film en DVD Zône1, j’avais dit de ce film qu’il était un OVNI dans le Cinéma Fantastique, c’est vrai, WHEN A STRANGER CALLS TERREUR SUR LA LIGNE est un film rare, qui vous marque, que l’on ne peut oublier, et que l’on revoit toujours avec le même plaisir.

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En 1993, FRED WALTON donne une séquelle à son film : UN APPEL DANS LA NUIT WHEN A STRANGER CALLS BACK… On y retrouve les personnages de Jill, devenue psychologue, s’occupant de jeunes femmes à problèmes, suite à son horrible mésaventure bien des années auparavant, et de John Clifford. La trame du film est assez semblable au premier, mais là le téléphone étant coupé, la « conversation » se fait à travers la porte.

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Mais jamais cette suite n’atteint la qualité de l’original, même si la personnalité du tueur est intéressante, et que l’on retrouve les personnages avec plaisir.

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WHEN A STRANGER CALLS TERREUR SUR LA LIGNE laisse à des années lumières dérrière lui tous les Urban Legend I et II, Scream I,II,et III, Souviens-toi l’été dernier I et II, et autres Freddy, Vendredi 39 bis pour ados en mal de frayeurs… Il fait parti de ces très nombreux films très anciens ou plus actuel, où le téléphone tient une place prépondérante. Nous avons à faire à un vrai film, on pourrait dire pour adultes, mais où le croquemitaine est vraiment infernal et terrifiant. Vous sursauterez quelques fois!!!

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Alors, offrez-vous ce joyau du Fantastique, pourvu d’une version français d’excellente facture. mais un conseil ne le regardez pas la nuit tombée, si vous étes seul, vous risquez de passer une nuit toute blanche….. Un remake fut réalisé en 2006, mais il était très loin de l’original, et s’adressait déjà plus à des ados friands de film d’horreur du style Scream, et offre beaucoup moins d’intérêt.

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J’avais prêté le film à Christian Vander qui l’a plus tôt aimé. WHEN A STRANGER CALLS est un film qui vous marque, film à tout petit budget, il a coûté 740 000 dollars, il a tout de même engrangé des recettes grimpant à 21 millions 412 milles dollars. Ce qui fait un beau rapport coût/bénéfice/rentabilité. Ce qui a le plus marqué les spectateurs lors de sa sortie en salle, c’est sa première partie d’anthologie, qui a marqué le cinéma fantastique.

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Alors que la suite s’apparenterait plus à une banale énigme policière, sauvée par les dernières scènes du film, tout a fait en rapport avec le sujet du film. Mais dans la seconde partie, le réalisateur a prit le parti de nous montrer le montre, de l’humaniser, si cela est possible, c’est avant tout un homme malade, perdu, et schizophrène. L’acteur qui joue le rôle de Curt Duncan « le fou », sérieusement malade tout au long du tournage mourut deux jours après la sortie du film en France.

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