MOTÖRHEAD : « BAD MAGIC ». 2015 (à Georges Amann)

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Ce 22ème album de MOTÖRHEAD est hélas le dernier. Sans LEMMY KILMISTER le groupe ne peut plus exister. Sorti le 28 août 2015, il préfigurait une grande tournée, car cet album est excellent, c’est du MOTÖRHEAD dans toute sa puissance. Bien sur on s’inquiétait de l’état de santé de LEMMY, mais delà à ce qu’il parte si vite, non. Il y a des gens dont on pense qu’ils sont immortels, que ce sont des rocs, des montagnes. Hélas un homme reste un homme, et n’est pas éternel…

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MIKKEY DEE le batteur du groupe l’a annoncé au quotidien suédois Expressen « …

 « MOTÖRHEAD, c’est fini, évidemment. Lemmy était Motörhead. Nous ne ferons plus aucune tournée ou quoi que ce soit. Et il n’y aura plus d’album. Mais la marque survit, et Lemmy vit encore dans le cœur de tous.  Il était terriblement décharné, il dépensait toute son énergie sur scène et ensuite, il était très, très fatigué. C’est même incroyable qu’il ait pu jouer, qu’il ait pu terminer la tournée européenne. C’était il y a seulement vingt jours. Incroyable. C’était fantastique que nous ayons pu finir la tournée avec lui. C’est réconfortant de se dire que nous ne l’avons pas annulée à cause de Lemmy. Je suis très reconnaissant des années passées ensemble et de nous être tant amusés. »

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Aujourd’hui donc je vais vous parler de ce « dernier » album du groupe, « BAD MAGIC ». Si certains pensaient MOTÖRHEAD finit, ils se sont mis le doigt dans l’œil, car l’orage gronde, et les trois Cavaliers de l’Apocalypse chargent à brides abattues dans un fracas de tonnerre. Les riffs et les rythmes sont toujours aussi méchants, aussi puissants. Le groupe nous assène un uppercut dans la gueule, et encore une fois nous sommes sonnés!!! Le rouleau compresseur MOTÖRHEAD est de retour,

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et la voix de LEMMY n’a rien perdu de son mordant, allant même dans l’extrême grave, par moment. Il assure, même si par instant on la sent plus friable et fragile . MIKKEY DEE frappe ses peaux comme si la fin du monde approchait et PHIL CAMPBELL nous envoie des solos assassins, agrémentés de pédale wah-wah.

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L’album est une boule d’énergie, et donne l’impression d’avoir été joué live dans le studio. Faut dire qu’ils commencent à se connaître les trois zigotos, sur le bout des ongles, leur connivence est évidente et se ressent dans la musique. On sait ce qu’on attend quand on achète un disque de MOTÖRHEAD, et « BAD MAGIC » ne déroge pas à la règle.

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Beaucoup de titres courts, allant directement au but, du Rock’n’Roll, encore du Rock’n’Roll, toujours du Rock’n’Roll, avec parfois quelques chorus un peu plus bluesy, sur des tempos plus lents. Donc pour résumé, « BAD MAGIC » est un très bon album, et MOTÖRHEAD tire se révérence avec les honneurs,

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même si c’est pour nous une infinie tristesse de savoir qu’il s’agit de l’ultime album du groupe, et que nous n’entendrons aucun de ces nouveaux morceaux en concert. Ce sera difficile de ne plus voir MOTÖRHEAD sur scène, de ne plus sentir cette fébrilité quand les lumières s’éteignent, de ne plus ressentir le souffle monstrueux craché par le trio, nous heurter la poitrine tel un mur de béton.

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L’album s’ouvre sur la voix de LEMMY éructant un « VICTORY OR DIE »

aussitôt rejoint comme une fusée par ses acolytes, dans un pur style MOTÖRHEAD, rapide et puissant, la machine tourne bien, les rouages sont bien huilés. On est tout de suite dans le ton. Pas de temps à perdre, droit à l’essentiel. Tout MOTÖRHEAD est résumé dans ce premier morceau. On reste cloué au sol.

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Et ce n’est que le début. Le second morceau déboule à cent à l’heure et enfonce le clou, vitesse, puissance, ça fait très mal  « THUNDER & LIGHTING » (titre d’un album de Thin Lizzy) riffs forts et plaqués répétitifs et hypnotiques, batterie très rapide, on passe la vitesse supérieure, l’Apocalypse est en route. Les Cavaliers sont au galop.

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Avec « FIRE STORM HOTEL »

on revient à un Rock’n’Roll moins rapide un peu dans l’esprit Thin Lizzy, une bonne rythmique binaire, quelques grosses notes de basse de LEMMY avant le solo de PHIL, le titre est bien, j’aime beaucoup. « SHOUT OUT OF YOUR LIGHTS »

nous ramène vers un terrain plus proche du style « Overkill » et autres,

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beau travail de guitare  rythmique, et belle précision de MIKKEY la tête dans le guidon du début à la fin du disque, wah-wah pour le solo de guitare, et deux rythmes différents au sein de même titre. C’est du MOTÖRHEAD pas d’erreur possible.  Pour « THE DEVIL »

le groupe a invité Brian May (Queen) pour jouer le solo de guitare, qui dans l’absolu n’apporte pas grand chose. Le titre est bien puissant et pulse fort.

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Plus rapide « ELECTRICITY » plus classique, plus traditionnel permet à PHIL de

reprendre sa pédale wah-wah pour son chorus. Un bon titre concis, tout est dit rapidement. « EVIL EYES » possède un petit côté diabolique,

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avec LEMMY parlant par instant d’une voix d’outre tombe, des tambours du style indien lancent le morceau, qui raconte son histoire en deux minutes, solo compris. « TEACH THEM HOW TO BLEED » en concert aurait tout cassé,

et serait devenu, j’en suis sur un classique, beau solo de PHIL du grand MOTÖRHEAD, dans la grande tradition, avec un final à la ZZ Top.

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Le prochain morceau est une perle, une ballade au titre évocateur « TILL THE END » (Jusqu’à La Fin). Triste et mélancolique, ou l’émotion de LEMMY est palpable, sa voix est émouvante, il a du mal à monter dans les aigus, mais il assure.

Till the End
(jusqu’à la fin)

Ne me dis pas quoi faire mon ami(e)
Tu vas briser plus de cœurs que tu ne pourras en réparer
Je me connais mieux que personne
Rien à défendre

Ma vie est pleine de bons conseils
Et pas besoin de me le dire deux fois
Vivre ici au paradis
Avec ces règles auxquels je dois me plier

Pendant ces années ma vie a changé
Je ne peux pas remonter le temps
Je peux juste te dire ce qui m’a fait changer

Tout ce que je sais c’est ce que je suis
Je ne te laisserai jamais tomber
Mon appui te donnera de l’espoir jusqu’à la fin

Il n’y a pas de règles à suivre
Tu ne peux pas prédire l’avenir
Je sais juste qui sont mes amis
Les autres peuvent se tourner vers la pierre

Tes souvenir n’appartiennent qu’à toi
Ils le resteront jusqu’à ce que tu ne sois plus que poussière et os
Je sais ce que je cherche
Je sais tout simplement ce que je veux

Dans ma vie, les temps ont changé
Je suis toujours chamboulé

Je ne veux pas entendre tes contes de fées

Tout ce que je sais c’est qui je suis
Je ne te laisserai jamais tomber
Mon appui te donnera de l’espoir jusqu’à la fin

Jusqu’à la fin

Dans la vie tu seras surpris
De ce que tu perdras à la longue
Tu ne pourras jamais revivre encore cette vie,
Mais une chose que tu ne perdras jamais
Ce sont tous les souvenirs dans ta tête
Ils seront là avec toi jusqu’à la fin

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Le solo de PHIL est gorgé de feeling et de toute beauté. Peut être pour LEMMY une façon de nous dire au revoir, une prémonition, en tout cas, frissons de rigueur et les yeux humides… On sèche ses larmes avec le morceau suivant du MOTÖRHEAD comme on en a l’habitude « TELL ME WHO TO KILL » dans la tradition riffs guitares et basse à l’unisson.

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Même chose pour le morceau suivant « CHOKING ON YOUR SCREAMS »

avec un LEMMY parlant plus que chantant, un titre qui possède un certain groove, le solo de guitare est lumineux, MIKKEY frappe ses fûts avec fureur et amour, j’aime ce morceau.

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Tempo médium-rapide pour « WHEN THE SKY COMES LOOKING FOR YOU »

encore un titre fort, futur classique, grand solo de guitare de PHIL CAMPBELL. MOTÖRHEAD nous gâte avec cet album, même en cherchant, je ne trouve pas un seul mauvais morceau.

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(Photo by Stokeparker)

Cerise sur le gâteau, la reprise des Rolling Stones « SYMPATHY FOR THE DEVIL » qui clôt l’album, superbement chanté par LEMMY, et dans lequel PHIL nous envoie un vrai feu d’artifices avec sa six cordes. On dirait un titre composé par MOTÖRHEAD tant le groupe se le réapproprie, on est loin des Stones, et MIKKEY nous balance des rythmes tribaux.

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Putain que c’est bon, en concert cette reprise aurait été une bombe atomique, oui mais….. Bien sur certains diront ce disque ressemble à tous les MOTÖRHEAD, mais c’est l’apanage des plus grands que de se construire un son propre, une marque de fabrique.

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Dès la première seconde on est en terrain connu, et on s’y sent bien. Mais la réalité est bien loin des contes de fées, il n’y aura plus d’album de MOTÖRHEAD.

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Peut être que la maison de disque va nous sortir des tiroirs des concerts en cd ou en dvd, mais plus de vrais concerts live, plus d’album, et plus cette voix qui disait en début de chaque concert  » We Are MOTÖRHEAD And We Play Rock’n’Roll!!! » 

Et putain de merde, elle va nous manquer cette voix, même si elle restera toujours vivante et présente à nos oreilles…

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Tes souvenir n’appartiennent qu’à toi
Ils le resteront jusqu’à ce que tu sois de poussière et d’os
Je sais après ce que je cherche
Je sais tout simplement ce que je veux

Dans ma vie, les temps ont changé
Je suis toujours bousculé
Je ne veux pas entendre tes contes de fées

Tout ce que je sais c’est qui je suis
Je ne te laisserai jamais tomber
Mon appui te donnera de l’espoir jusqu’à la fin

Jusqu’à la fin

Dans la vie tu seras surpris
À propos de ce que tu perdras à la longue
Tu ne pourras jamais revivre cette vie, encore
Mais une chose que tu ne perdras jamais
C’est les souvenirs dans ta tête
Ils seront là avec toi jusqu’à la fin

 

Motörhead, à l’instar d’autres groupes du genre, à cette spécificité d’être reconnaissable immédiatement dès les quelques premières notes de musique et avec le premier morceau « Victory Or Die », on ne s’y trompe pas, le groupe fait ce qu’il sait faire de mieux, c’est-à-dire du Motörhead, et sur ce plan, on n’est pas déçu. Même si la voix de Lemmy, cette tonalité si particulière taillée à la serpe et polie au cours des ans par les cigarettes, les excès et les litres d’alcool, se fait un peu plus émoussée : « Thunder & Lightning », l’énergie est toujours bien présente. Pour l’occasion des titres comme : « Electricity » ou « Evil Eye » rappelllent que la musicalité de la formation est toujours aussi puissante, lourde et agressive bref tout ce que l’on aime.

Le tout saupoudré d’un «Till The End » de très bonne facture, prouvant que le groupe sait se tempérer, tout en restant brillant, avant de repartir de plus belle et de vous choper les tripes avec les « Tell Me Who To Kill » et « Choking On Your Screams » lourds et bad à souhait jusqu’au puissamment électrique : « When The Sky Comes Looking For You ».

Annotation particulière pour le titres « The Devil » ou vient s’encanailler à grands coups de riffs le guitariste de Queen, Brian May et la reprise des Stones: « Sympathy For The Devil » démontrant que s’il y a bien une chose dont ne manquera jamais Motörhead, c’est le talent. Alors oui, le metal conserve et Motörhead en est une belle preuve avec ce « Bad Magic » qui espérons-le les emmènera encore plus loin et toujours plus haut pour le plus grand plaisir des fans.
En savoir plus sur http://www.aficia.info/critiques-musique/nous-avons-ecoute-bad-magic-motorhead-42601#j0YgTUqgSzOzbHC5.99

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