BRUCE SPRINGSTEEN : »HUMAN TOUCH » / « LUCKY TOWN ». 1992

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Ces deux albums sont sortis le même jour, ils sont indissociables, bien que différents. Par contre, ce ne sont pas, même pour les fans, les meilleurs albums du BOSS, loin de là. Ils sont encore considérés peut être à tort surtout pour l’un deux, comme les plus faibles. On dit souvent que l’on ne peut écrire que dans la douleur, la souffrance ou la peine, et BRUCE SPRINGSTEEN à ce moment de sa vie est à l’opposé de ces sentiments. Il s’est remarié avec PATTI SCIALFA, sa choriste, guitariste, qui lui a déjà donné deux enfants. Dans ses anciens albums BRUCE était à la recherche du bonheur, depuis il l’a trouvé et y nage avec délectation . Il déménage avec sa famille en Californie, loin de son New Jersey natal, au grand dame de ses fans qui vont jusqu’à lui reprocher cet éloignement de sa ville natale, et ce trop plein de bonheur.

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Le « E Street Band » n’est plus, BRUCE est seul à la barre et veut prendre une nouvelle direction. Selon lui, le groupe ne semblait plus être le bon moyen pour véhiculer sa nouvelle musique. Mais il se heurte à un problème, le syndrome de la page blanche. Un manque total d’inspiration. ROY BITTAN son pianiste a de son côté également déménagé avec sa famille à Los Angeles, les deux hommes n’habitent pas très loin l’un de l’autre. Un jour BRUCE téléphone à ROY pour l’inviter au restaurant. ROY lui raconte qu’il s’est fait un studio d’enregistrement chez lui, et qu’il a acheté de nouveaux joujoux, dont un synthétiseur dernier cri, capable de reproduire à l’identique des centaines de sons d’instruments, à s’y méprendre. Ils s’y retrouvent rapidement et ROY lui fait écouter quelques musiques qu’il a composé seul sur son nouveau synthé dont un titre « ROLL OF THE DICE », il n’y avait bien sur ni mélodie, ni paroles, mais les structures étaient bien présentes.

ca. 1985 --- Roy Bittan Playing the Keyboards --- Image by © Neal Preston/CORBIS

Neal Preston/CORBIS

BRUCE emporte les cassettes sur lesquelles ROY BITTAN lui a enregistré ses musiques. Et là comme si le soleil resplendissait de nouveau, BRUCE écrit des paroles pendant la nuit, les fait écouter à ROY qui n’en revient pas. BRUCE lui demande s’il veut bien l’aider à coproduire son prochain album, ce qu’il accepte immédiatement. SPRINGSTEEN garde donc en plus de ROY son équipe de producteurs habituels, Jon Landau, Chuck Plotkin. ROY BITTAN par contre doit se charger de tous les claviers électroniques et autre synthé et abandonner le piano. Après des démos maison, nos deux amis plus l’ingénieur du son Toby Scott, s’installent aux studios Soundworks West. Complètement remis de sa panne d’inspiration, BRUCE écrit un maximum de chansons, bien trop pour un album. Mais le temps passe, au bout d’un an, toujours rien, et le résultat manque de chaleur, aussi BRUCE décide t’il de se faire aider par de vrais musiciens,

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pas des virtuels. Avec ROY ils convoquent des requins de studio de renommés mondiales Jeff Porcaro à la batterie (Toto), Randy Jackson à la basse, Ian McLagen (Faces/Rolling Stones) au piano, David Sancious ancien membre du « E Street Band » à l’orgue, Sam Moore (Sam & Dave), Bobby King, Bobby Hatfield (Righteous Brothers) aux vocaux, Tim Pierce en seconde guitare, Mark Isham trompette, Douglas Lunn basse, Kurt Wortman batterie, et Michael Fisher aux percussions. Sans oublier Madame SPRINGTEEN, PATTI SCIALFA. Mais ce n’est pas évident de faire un album de rock sans ses « Frères de Sang », tout était nouveau, on repartait à zéro. SPRINGSTEEN interrompt les séances pour participer à un concert de charité deux soirs de suite pour le Christic Institute, avec Jackson Browne et Bonnie Raitt.

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Le titre de l’album fut décidé « HUMAN TOUCH », titre d’un des morceaux, celui qui d’ailleurs ouvre le disque. En fin de compte les morceaux qui furent conservés étaient très nombreux, et BRUCE continuait malgré tout de composer mais dans un style plus différent, un style qui se mélangeait difficilement avec le style de « HUMAN TOUCH ». Plus roots, plus brut, mais toujours enregistré sur le synthé de ROY BITTAN en seulement deux semaines. Ils partent aux studio A & M à Hollywood, pour finaliser et enregistrer avec de nouveaux musiciens, Gary Mallabar (Steve Miller Band) batterie, Ian McLagan, Randy Jackson, et Lisa Lowell, Soozie Tyrell et PATTI. Le plus fou dans cette histoire, c’est qu’il fallut à SPRINGSTEEN pas loin de deux ans pour faire « HUMAN TOUCH » et un mois seulement pour « LUCKY TOWN » qui en plus est nettement supérieur !!! Ensuite il fallut faire accepter aux dirigeants de la maison de disque, de sortir deux disques simultanément. Le noyau dur de ses fans lui en voulait énormément, de son changement de vie, de ville, d’avoir laissé tomber son fidèle le « E Street Band » avec qui il avait connu la gloire et une reconnaissance mondiale,

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ses fans allaient ils acheter deux albums d’un coup ? Allaient ils le suivre ? Le succès phénoménal que BRUCE avait connu quelques années plus tôt, était retombé de quelques marches Guns’n’Roses avaient fait la même chose avec « Use Your Illusion 1 & 2 » et les ventes avaient été énormes. Alors pourquoi pas? Le 31 mars 1992 « HUMAN TOUCH » et « LUCKY TOWN » sortent en même temps, mais montrent deux faces différentes de BRUCE, le premier est plus léché, plus apprêté, trop clean, le second est plus direct, plus percutant, plus rock’n’roll. Les chansons de ces albums sont des réflexions personnelles sur les relations intimes hommes-femmes.  Les journalistes sont mitigés selon les différents journaux, les critiques sont très bonnes ou très mauvaises, pas de milieu. Malgré tout, les albums se vendent bien, et se classent respectivement 2ème et 3ème au Billboard, avant d’en dégringoler rapidement.

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Tout le monde attendait un retour en fanfare du BOSS, et les deux albums, surtout « HUMAN TOUCH » bien que contenant de très beaux morceaux ne sont pas à la hauteur des Chefs d’Œuvre tant espérés, loin s’en faut, l’inspiration magique des débuts est comme absente. Il y manque une espèce de cohésion entre les morceaux, une épine dorsale qui maintiendrait l’ensemble, et lui donnerait une âme. Le public est fâché avec SPRINGSTEEN, nouvelle musique, nouveaux musiciens, nouvelle orientation. Qu’à cela ne tienne, le BOSS veut montrer qu’il fait une nouvelle musique, que le « E Street Band » c’est du passé, et pour cela quoi de mieux que d’organiser une tournée mondiale. Mais pour ça, il faut sélectionner des musiciens qui puissent jouer tous les styles de musique, rock, soul, folk, r’n’b, country. Aidé par ROY BITTAN, BRUCE monte un groupe de onze musiciens pour préparer la tournée. Mais revenons à notre propos principal, ces deux nouveaux albums du BOSS. Tout d’abord l’album « HUMAN TOUCH »

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qui s’ouvre sur le morceau qui a donné son titre à ce premier disque. Nous avons là un vrai bon moment de musique, le morceau est riche, ponctué de breaks, du bon rock légèrement sophistiqué, travaillé. On imagine le temps qu’il a fallu à SPRINGSTEEN pour en arriver à ce qu’il souhaitait pour les arrangements. Après un départ tout en douceur, le titre s’emballe sur un coup de batterie de Jeff Porcaro, tout en restant dans un tempo médium.

« Toi et moi, nous étions les prétendants
Nous avons laissé filer les choses
Finalement, le monde a emporté
Nos ultimes certitudes

Fillette il n’y a aucune bonté sur le visage des étrangers ?
Ne peut-on espérer un miracle ici bas ?
Eh bien, chérie, tu peux attendre d’être bénie
Mais, j’ai un marché à te proposer

Je ne recherche ni les prières ni la pitié
Je ne cherche pas une béquille
Je veux seulement quelqu’un à qui parler
Et un peu de chaleur humaine
Juste un peu de chaleur humaine »

Un morceau qui accroche de suite, et quand on pense qu’il se termine, c’est pour mieux repartir. BRUCE s’occupe des chorus de guitares lui même. Quant aux paroles, c’est la recherche de l’amour, et la demande d’un peu de chaleur humaine. « SOUL DRIVER » n’apporte rien de neuf,

c’est du SPRINGSTEEN moyen, il aurait gagné en qualité en étant plus naturel, plus roots, plus basique, moins numérique… « 57 CHANNELS(AND NOTHING ON) » est intéressant de par sa musique, très épurée, son rythme et aussi par son sujet,

l’histoire d’un homme qui s’installe avec sa copine dans une nouvelle maison, qui se fait installer le câble pour mieux recevoir sa télévision, et qui s’aperçoit qu’il y a 57 chaînes différentes mais rien dessus, et qui se fait larguer par sa nana.

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« CROSS MY HEART »  est dans un style plus country and western, et fait partie des bons

morceaux du disque, un homme promet beaucoup de choses à sa chérie, et le lui jure, même durant des étreintes passionnées. L’expression « Croos My Heart » pourrait se traduire en français par, « Je te le jure, croix de bois croix de fer, si je mens je vais en enfer. »

Quand la nuit est devenue moite et le ciel noir
Je t’ai étreint chérie et toi aussi tu m’as étreint si fort
Et nous avons juré, nous avons juré
Oh oui, j’ai juré

« GLORIA’ S EYES » est un retour au rock’n’roll, avec une mélodie bien springsteeniène,

et qui raconte comment un gars va essayer de reconquérir sa chérie, BRUCE s’en donne à cœur joie sur sa guitare, en fin de compte un morceau plus tôt réussi. « WITH EVERY WISH »  a tout pour être une bonne chanson, des paroles sur les envies, les ambitions d’un gamin tout d’abord, puis de l’homme qu’il devient, mais attention chaque souhait amène une contre partie.

« Je suis tombé amoureux de la belle Doreen
C’était la plus belle fille que cette vieille ville ait jamais connue
Je lui ai fait la cour et je l’ai faite mienne
Mais je suis devenu de plus en plus jaloux quand il y avait un autre homme dans le coin
Et ma jalousie m’obligea à la traiter de façon méchante et cruelle
Elle me murmura  » Bobby oh Bobby tu n’es qu’un imbécile
Tu ne sais donc pas qu’avant de faire un vœu tu dois réfléchir
Parce que chaque souhait apporte sa propre malédiction « 

Le tout sur une musique douce et mouvante parée de percussions légères du meilleur effet et d’un magnifique accompagnement de trompette bouchée de Mark Isham. Beau morceau.

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« ROLL OF THE DICE » est un rock plein de vitalité et d’énergie sur l’histoire d’un lanceur de dés invétéré, qui pense que la chance et l’amour vont finir par lui sourire.

Un morceau que l’on aurait pu trouver sur la premier disque de The River, s’il avait bénéficié d’une production moins clinquante. « REAL WORLD » possède un côté rock’n’roll un peu artificiel, le son ne colle pas à la musique, trop numérique, sans âme, même si les paroles sont belles, et que BRUCE prend un joli solo.

Mais ça manque de chaleur. Dommage. A mon humble avis, ces deux morceaux auraient été plus efficaces et plus authentiques, avec les musiciens du « E Street Band ». « ALL OR NOTHIN’ AT ALL » débute par un rythme de batterie qui s’ouvre sur un rock au tempo

moyen, pas vraiment du grand SPRINGSTEEN, les paroles sont gentillettes, un garçon dit à une fille qu’il lui faut se décider car en amour c’est tout ou rien. Tu veux ou tu veux pas. Pas grand chose à en dire.

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Encore un morceau qui n’apparaîtra sur aucune compilation. « MAN’S  JOB » une chanson d’amour sur un rock tempo médium, possédant un petit rien de country.

Sur la plus part des morceaux, la batterie possède un son trop sec, « électronique », pas assez naturel, celui ci en fait justement partie. Par contre la voix du BOSS est magnifique, il chante avec beaucoup de naturel, et de force et puissance quand il le faut. « I WISH I WERE BLIND » est un très beau titre, dans l’esprit de « Tunnel Of Love », belle mélodie

« J’aime regarder tes cheveux briller dans la belle lumière de l’été
J’aime regarder le ciel constellé d’étoiles par une nuit d’été
La musique joue, tu prends sa main et je remarque
La façon que tu as de le toucher tandis que vous commencez à danser
Et je voudrais être aveugle quand je te vois avec cet homme.

Et bien que la main de Dieu ait remplit ce monde de grâce et de beauté
Oh je voudrais être aveugle quand je te vois avec cet homme. »

qui traduit la tristesse d’un homme voyant sa chérie au bras d’un autre. Une chanson vraiment réussie. « THE LONG GOODBYE » est un rock musclé, bien binaire, comme on aime, qui tranche par contre avec les paroles désabusées.

Pour n’importe qui d’autre on dirait que c’est très bien, mais pour le BOSS, musicalement c’est un peu léger. « REAL MAN », un peu trop froid à mon goût est un rock basique,

avec surtout des claviers beaucoup trop envahissants, sur un texte qui parle d’amour. Bof! pas besoin d’en dire plus. L’album se termine sur une comptine pour enfants, voir pour endormir les bébés « PONY BOY » chantée avec PATTI. Et oui, BRUCE est père de trois enfants.

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Je me pose une question, peut on faire un bon album quand on est trop heureux, que l’on se sent bien, débarrassé de ses interrogations, ses colères, ses frustrations, et que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Je ne connais pas la réponse à cette question. D’ailleurs y en a-t’il une? Mais je pense tout de même que oui, car il faut reconnaitre que si « HUMAN TOUCH » est loin d’être un des Chefs d’Œuvres de BRUCE SPRINGTEEN, il contient quand même quelques beaux morceaux, trahis par une production trop froide, trop synthétique, trop numérique. Et pourtant vous allez voir que « LUCKY TOWN » est un bien meilleur album que le précédent, plus direct, plus vrai, plus rock’n’roll, plus « sale », plus rentre dedans.

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Et ça commence dès le splendide premier morceau « BETTER DAYS » un rock comme le

BOSS en a le secret, avec une mélodie qui rentre instantanément dans la tête, et des paroles qui parlent de jours meilleurs, et de la recherche du bonheur.

« Eh bien mon âme jetait un oeil à ce qui manquait
Alors que j’étais assis à écouter
Les heures et les minutes qui s’enfuyaient
Ouais, juste assis là attendant que ma vie commence
Alors que tout était juste en train de se barrer.
Je suis fatigué d’attendre que demain arrive
Ou que ce train arrive à grand bruit dans le virage
J’ai un nouveau costume, une jolie rose rouge
Et une femme que je peux appeler mon amie

Ce sont des jours meilleurs Bébé

Ouais ce sont des  jours meilleurs qui éclatent au grand jour
Ce sont des  jours meilleurs chérie
Des jours meilleurs avec une fille comme toi »

Ca continue plus tôt bien avec « LUCKY TOWN » le son est différent de l’autre album, et c’est tant mieux, les titres ont plus de pèche.

La chanson parle d’un homme qui veut tenter une nouvelle vie, un nouveau départ vers la ville de la chance. La musique accroche bien, et BRUCE la chante à la façon de Bob Dylan, d’une voix légèrement nasillard. « LOCAL HERO » est un morceau gentillet,

petite faiblesse du disque, qui nous raconte que tout le monde a besoin au moins une fois dans sa vie de se sentir un héros. Avec « IF I SHOULD FALL BEHIND », on retrouve du grand SPRINGSTEEN, superbe musique, et texte qui peut se lire de plusieurs façons, soit il s’adresse à sa femme, soit à ses fans surpris du nouveau chemin qu’il a choisi de prendre, soit au « E Street Band ». Si je devais tomber le premier, attendez moi…

On avait dit qu’on marcherait ensemble chérie, quoi qu’il arrive
Le crépuscule arrive, si nous devions nous perdre en chemin
Si, alors que nous marchons, nos mains venaient à glisser
Je t’attendrais
Et devais-je tomber derrière
Attends-moi

Nous nous sommes jurés chérie de voyager côte à côte
De s’aider l’un l’autre, à tenir la cadence
Mais les pas des amoureux s’enchaînent si différemment
Mais je t’attendrai
Et si je devais tomber derrière
Attends-moi

Maintenant chacun rêve d’un amour durable et sincère
Mais toi et moi savons ce que ce monde peut faire
Alors faisons que nos pas soient sans entraves pour que tous puissent le voir
Et je t’attendrai
Si je devais tomber derrière
Attends moi

Maintenant il y a une belle rivière dans la vallée devant nous
Là derrière la branche du chêne,nous serons mariés bientôt
Et si nous devions nous perdre le soir, dans l’ombre des arbres
Je t’attendrai
Et devais-je tomber derrière
Attends-moi
Chérie, je t’attendrai
Devais-je tomber derrière
Attends moi

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Magnifique chanson, très belles paroles, que le Groupe reprendra pour le Réunion Tour, et où chacun des membres du « E Street Band » chantera un couplet à tour de rôle. « LEAP OF FAITH » est un hymne à la foi, teinté d’un certain érotisme. Bon morceau, musique entêtante qui coule naturellement.

« THE BIG MUDDY » est un morceau lent, countrysant dans la pure tradition américaine,

traitant de l’amitié et de la difficulté de rester au sommet. Très chouette, j’adore. « LIVING PROOF » est un titre quasi autobiographique dans lequel BRUCE évoque de fort belle

manière la naissance de son premier enfant, son fils,

Par une nuit d’été dans une chambre sombre
Arrive une petite partie de la lumière éternelle du Seigneur
En pleurant comme s’il avalait la lune brillante
Dans les bras de sa mère, c’était la plus belle chose que je puisse recevoir
Comme les mots manquants d’une prière que je ne pourrais jamais faire
Dans un monde si dur et sale, tellement souillé et embrouillé,
En recherchant un petit peu de la Grâce de Dieu,
J’en ai trouvé une preuve vivante

J’ai pris mon coeur et mon âme, je les ai posés sur une étagère
Tout à côté de la foi, la foi que j’avais perdue en moi
Je suis descendu dans la ville déserte
Essayant à tout prix de changer de peau
J’ai rampé au plus bas dans des espèces de ténèbres
Cherchant à détruire la moindre trace de celui que j’avais été
Tu fais de tristes tristes choses bébé,
Quand c’est toi, tu essaies de perdre
Tu fais des choses tristes et blessantes
J’ai trouvé une preuve vivante

Tu as tiré à travers ma colère et ma rage
Pour me montrer que ma prison n’était qu’une cage ouverte
Il n’y avait pas de clefs, pas de gardiens
Rien qu’un homme effrayé et de vieilles ombres de bistrots
Maintenant tout ce qu’il y a de sur là au-dehors, sur le boulevard
C’est que cette vie n’est qu’un château de cartes
Aussi fragile que chacune des respirations
De ce petit garçon endormi dans notre lit
Ce soir allongeons-nous sur les terrasses
Juste une bande unie de joyeux voleurs
Et quand ce train viendra nous monterons dedans
Et nous volerons tout ce que nous pouvons des richesses du Seigneur
Il y a eu une longue période de sécheresse, chérie
Cette nuit la pluie tombe sur notre toit
En recherchant un petit peu de la Grâce de Dieu
J’ai trouvé une preuve vivante.

et de ce que cela a changé, dans sa vision des choses et de lui même, avec encore une fois une allusion à Dieu, le tout chanté sur un rock bien carré.

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« BOOK OF DREAMS » est un splendide morceau sur la vie,

Je suis dans l’arrière cour
 Ecoutant la fête à l’intérieur
Ce soir je bois au pardon
Qu’offre cette vie
Les cicatrices profondes restent mais la douleur s’atténue, semble t’il
Oh voudrais-tu chérie, être dans mon album de rêves

Je te regarde à travers la fenêtre

Avec tes amies de retour à la maison

Tu te pavanes fièrement en montrant ta robe

Il y a des rire et quelqu’un porte un toast

C’est ton papa, pour la plus belle mariée qu’il n’ait jamais vu

Oh voudrais-tu chérie, être dans mon album de rêves

Dans l’obscurité mes doigts glissent sur ta peau
Je ressens ta douce réaction
La pièce disparaît et tout à coup je suis transporté
Rien qu’à te tenir contre moi
Alors que le clair de lune pénètre par la fenêtre.
Oh voudrais-tu chérie, être dans mon album de rêves

Maintenant le rituel commence
Sous les décorations de mariage nous nous retrouvons comme deux étrangers
La piste de danse s’anime avec beauté,
Du mystère et du danger.
Nous dansons sous la lumière éternelle des étoiles, dans l’ombre des arbres 

Oh voudrais-tu chérie, être dans mon album de rêves

une chanson d’amour, ballade sensuelle et enivrante, du pur SPRINGSTEEN, touchant, émouvant. Les paroles sont vraiment très belles, et divinement chantées. Magnifique.

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« SOUL OF THE DEPARTED » à la puissance qu’il faut pour dénoncer ces visions infernales de violences, de tueries, que ce soit durant les guerres,

« Sur la route de Bassora se tient le jeune lieutenant Jimmy Bly

Désigné pour fouiller les vêtements des soldats qui avaient été tués
Toute la nuit en rêve il voit leurs âmes s’élevées
Comme des oies noires dans les Cieux de l’Oklahoma

Eh bien ceci est une prière pour les âmes des disparus
Ceux qui sont partis en laissant ceux qui les aiment le cœur brisé
Ceci est une prière pour les âmes des disparus

 Raphaël Rodriguez n’avait juste que sept ans
Quand il a été tué dans la cour de récréation par un de ces métis de l’East Compton
Sa maman a pleuré  » Mon beau petit garçon est mort « 
Sur les collines les nantis se sont contentés de soupirer et de hocher la tête »

ou même dans la vie de tous les jours, même à l’école. Le morceau est fort et vous prend par le cou, pour vous faire regarder cette horrible réalité. Du grand SPRINGSTEEN. Le disque s’achève sur le très beau « MY BEAUTIFUL REWARD » l’histoire d’une rédemption peut être celle du BOSS, grâce à sa femme et à ses enfants,

le morceau est doux, la batterie y est légère, on a l’impression de s’envoler. C’est un magnifique final pour un bel album, beaucoup plus riche que « HUMAN TOUCH » les chansons y sont mieux écrites, on y retrouve l’écriture du poète. Très loin d’atteindre les ventes des albums précédents, ils deviennent tout de même Disques de Platine.

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Dans son livre « Songs » SPRINGSTEEN explique « … Human Touch et Lucky Town sont nés à un moment durant lequel, pour trouver ce dont j’avais besoin, il fallait que je laisse faire les choses, les changements, que j’essaie de nouvelles pistes, que je fasse des erreurs, simplement que je vive… » Qui plus est en additionnant les ventes des deux albums, on obtient un chiffre idéal pour un seul album. En les réécoutant, j’ai été à nouveau surpris par l’immense différence entre ces deux albums, autant « HUMAN TOUCH » semble artificiel, autant « LUCKY TOWN » est un disque sincère, que j’aime de plus en plus en prenant de l’âge. C’est le disque d’un artiste qui change, qui souhaite tourner une page de sa vie, car justement sa vie a changer, son rapport avec Dieu n’est plus le même,

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la naissance de ses enfants, l’amour de sa femme l’ont profondément transformé, il a mûri, c’est une époque charnière pour lui, ce n’est plus le Rambo du rock de « Born In The USA« , c’est un homme plus apaisé, mais toujours à l’écoute. Ce changement, il veut le montrer, et organise une tournée mondiale, après la sortie de ses deux albums. Tournée que je vous raconterais un autre jour, que j’ai vu à Paris et qui m’a laissé sans voix, complètement aphone et sur le cul !!!

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Pour parodier Joséphine Baker, qui chantait, « J’ai deux amours, mon pays et Paris », je pourrais dire j’ai deux amours SPRINGSTEEN et MAGMA. Et en tant que fan du BOSS, je voulais vous montrer mon petit trésor

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Le coffret en bois « HUMAN TOUCH » « LUCKY TOWN » limité à 420 exemplaires !!!!

le mien est le numéro 236

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