TEMPEST : « TEMPEST ». 1972

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En octobre 1971, JON HISEMAN décide de dissoudre son groupe pourtant ô combien talentueux « Colosseum ». Formé en 1968 ce groupe fut l’un des premiers à mélanger le rock, le blues, le jazz et le progressif. « Valentyne Suite » sorti à la fin de l’année 1969,

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marque l’apogée du groupe, avec le titre éponyme qui s’étend sur toute une face du 33 tours. Après quelques changements, l’arrivée de Chris Farlowe aux vocaux pour l’enregistrement de l’album « Daughter Of Time »

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et la sortie d’un formidable double album live, Colosseum disparait donc sur la décision de son fondateur.

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Mais JON HISEMAN ne décide en aucun cas d’arrêter sa carrière musicale. Non, il veut explorer de nouveaux horizons, faire autre chose avec de nouveaux musiciens. Il conserve tout de même le dernier bassiste de Colosseum, MARK CLARKE qui en plus jouera des claviers et chantera.

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HISEMAN recrute tout d’abord un chanteur polyvalent, capable de jouer de la guitare et des claviers, son choix se fixe sur l’ancien membre de Juicy Lucy et de Zoot Money’s Big Roll Band, PAUL WILLIAMS. A la guitare, il cherche quelqu’un de compétent, pas forcément connu, mais bon, très bon. Il choisit un guitariste de rock ayant des tendances plus tôt du jazz, et jouant également du violon, ALLAN HOLDSWORTH qui vient du groupe Nucleus.

Tempest (UK)

Le groupe est formé en 1972 et portera le nom de TEMPEST, comme le titre de son premier album. Bien que différent de Colosseum, TEMPEST s’oriente aussi vers une sorte de fusion rock-jazz-progressif, mais d’une manière différente au groupe précédent d’HISEMAN. La technique de chaque musicien est éblouissante, et la sauce prend immédiatement. Les morceaux sont complexes mais faciles d’approche, grâce à un côté rock beaucoup plus marqué et assumé. En fin de compte on peut dire que TEMPEST commence où Colosseum avait fini. La transition est parfaite et ne surprend pas vraiment les fans.

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Le premier album intitulé exactement « JON HISEMAN’S TEMPEST » apparait dans les bacs des disquaires en novembre 1972, il est produit par HISEMAN. Pour promouvoir la promotion du disque le groupe part en tournée avec Rory Gallagher, dont il assure la première partie aux USA. Le tandem HISEMAN/CLARKE assure une fantastique assise, et permet à ALLAN HOLDSWORTH

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de prendre des chorus furieux, et de s’envoler très haut, sachant qu’à tout moment il peut revenir sur terre pour se poser en douceur sur cette fabuleuse section rythmique, une des meilleures dans le monde du rock. Les riffs de guitares sont énormes et forts, la voix de WILLIAMS possède le grain, la puissance idéale, aidée quand il faut par celle de CLARKE, qui égraine ses lignes de basses, magnifiquement articulées, quant à HISEMAN, comme à son habitude il ne se ménage pas, il emplit l’air de ses cymbales et de ses frappes sur les toms.

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Le disque s’ouvre sur « GORGON », après une intro éthérée et acoustique, le groupe lance l’assaut,

et donne immédiatement le style du disque et du groupe, puissance, force, feeling, technicité, ça joue, et ça joue bien, avec grâce à ALLAN un petit « air » hendrixien au morceau. On peut dire que ça commence très très fort. Le titre suivant ne nous fait pas mentir « FOYER OF FUN », un rock bluesy, un riff d’acier, et un petit air « Cream » période « Disraeli Gears », ce qui dans ma bouche est un énorme compliment. Encore une fois HOLDSWORTH fait preuve de tout son talent durant un chorus très inspiré.

Et les autres musiciens encore une fois ne sont pas en reste. Magnifique.

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« DARK HOUSE » est un titre plus Colosseum, plus calme que les précédents, avec malgré tout une guitare omni-présente, et un groupe très uni. Beau travail de chaque musicien, avec une mention particulière pour HOLDSWORTH.

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On revient un peu plus, vers une espèce de fusion, avec « BROTHERS », les rivages jazz rock funky, ne sont pas très loin, de nombreux changements de rythmes apparaissent au sein du morceau, le rendant plus complexe, différent.

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Les instruments sonnent divinement bien grâce à des musiciens vraiment au top. « UP AND DOWN » s’ouvre sur une guitare splendide, pour un morceau des plus originaux, plus torturé.

Encore des chorus de guitare du meilleur effet, et un accompagnement d’HISEMAN splendide. On tranche radicalement avec le morceau suivant, une superbe ballade « GREY AND BLACK » chantée par CLARKE

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épaulé par WILLIAMS aux choeurs, et au piano électrique. Un très beau morceau.

« STRANGEHER » un boogie-rock-jazz bien chaloupé, avec un riff voix/guitare du meilleur effet.

WILLIAMS pousse sa voix à la limite de la cassure; comme d’habitude les chorus de guitare sont géniaux, et HISEMAN n’arrête pas. L’album s’achève sur « UPON TOMORROW » qui commence comme un morceau du Mahavishnu Orchestra, c’est le titre le plus jazz-rock de l’album,

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c’est au départ un morceau composé par HISEMAN et Clempson pour Colosseum. Le morceau se transforme en prenant un style plus Colosseum, plus d’en l’esprit fin sixties. Les ambiances différentes en font également le titre le plus progressif de TEMPEST.

Ce premier album est vraiment remarquable et laisse présager des aventures plus que passionnantes, pourtant en juin 1973, JOHN WILLIAMS quitte le groupe, suivit quelques semaines plus tard par ALLAN HOLDSWORTH, qui rejoint Soft Machine, puis le groupe de Bill Brufford,

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mais avant le départ de WILLIAMS, HISEMAN avait déjà recruté un second guitariste en la personne de Ollie Halsall,

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transfuge du trop méconnu Patto,

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et remarquable musicien. Les quelques concerts donnés avec les deux guitaristes sont absolument grandissimes, avec des joutes de guitares à tomber par terre.

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Au final réduit à un véritable power-trio, TEMPEST continue, plus rock et décidé que jamais…

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