PETER GARSTENAUER : « AIN’T THAT BLUES » .1998

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Les bons guitaristes de Blues, ne se limitent pas aux noms inscrits sur les plaques de séparation des artistes, par ordre alphabétique, dans grandes enseignes de disques. Un très grand nombre de magiciens de la six cordes, travaillent depuis des années, sans pour autant trouver reconnaissance auprès du grand public. Seuls, quelques timbrés de Blues, cherchant toujours « la bête curieuse », le génie inconnu, arrivent à trouver dans la jungle des albums et des joueurs de Blues (comme dirait Jonasz), une perle rare, quasiment inconnue, possédant dix doigts à chaque mains, et ne confondant pas rapidité et feeling. Ainsi, il y a environ vingt cinq ans, j’ai découvert grâce à mon pote Guy l’américain (un phénomène à part dans le monde du disque), un guitariste, au doigté sacrément magique, fils spirituel de Jimi Hendrix et de Stevie Ray Vaughan, mais possédant quand même un son bien à lui.  Je me suis d’abord dit, encore un gars d’Austin, Texas, et bien non. PETER GARSTENAUER est autrichien.

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Son nom est moins connu que d’autres, beaucoup moins doué que lui. Lorsque je travaillais au rayon Musique de chez Alice Média Store, boutique très connue à Bordeaux, j’avais pu en commander une trentaine, et le passage du disque dans le magasin suffisait à vendre l’album sans plus de travail. Dès la première écoute, c’est une tuerie. Le gros problème, c’est qu’on ne pouvait plus le trouver, l’album n’étant plus distribué… Et oui, que voulez-vous, il n’a pas fait la star académie !!!!!  PETER GARSTENAUER est né en Autriche le 8 Février 1965, il commence à jouer de la guitare à l’âge de 14 ans. Deux ans plus tard, avec deux copains d’école, il forme son premier groupe « The Rhythm Gangsters« . Ses influences les plus importantes sont pour lui, Stevie Ray Vaughan et Johnny Winter et Jimi Hendrix.  Le groupe donne des concerts, et les années passent. PETER GRUBER tient la basse, et WILLY HACKL la batterie.

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En 1992 , un disque voit le jour « Running Hot« . En 1994 le groupe change de nom, il devient « PETER GARSTENAUER BAND », et s’envole pour les Etats-Unis pour une série de concerts, et signe un contrat avec Wolf Records pour la réalisation d’un nouvel album « AIN’T THAT BLUES ».   Sur ce grandissime album douze perles, quelques reprises, Hendrix, Willie Dixon, Sonny Boy Williamson, et des titres originaux, écrit par notre homme, tel ce pur moment de magie, de feeling que n’aurait pas renié notre Stevie adoré « TOO MUCH SUGAR ». Dans l’esprit, c’est un peu comme le Shiloh de Chris Duarte, (encore un très bon). Des grappes de notes jouées toute en retenue et en finesse… Le premier morceau de l’album est complètement dans l’esprit de Stevie, « SHUFFLE TIME », ça tourne, et la Fender chauffe comme il se doit.

On se croirait sur un album de Stevie Ray, même genre de phrasé à la six cordes, ça commence plus tôt bien. Le second morceau est déjà plus personnel, « SLOW BOW », blues plus lent, dans la grande tradition du genre, avec un chorus aux notes plus accrochées.

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On trouve ensuite la reprise de « PURPLE HAZE » , dans une version assez originale, ce n’est pas du simple copier-coller, non loin de là…

Je serai tenté de dire qu’elle possède un côté West-Coast, bien particulier, une espèce de langueur due au soleil californien… qui sévit en Autriche !!! Les notes sont bien détachées les unes des autres, chouette, vraiment. Le quatrième titre est ce chef-d’oeuvre dont je vous parlais plus haut « TOO MUCH SUGAR » Splendide morceau, le plus intense de l’album,

(extrait n°2)

dans l’esprit de « Tin Pan Alley » de Stevie Ray. Je ne peux rien dire de plus que ce que j’en ai dit auparavant, c’est à écouter et à savourer… Après ce slow-blues, une version bien binaire du « Hoochie Coochie Man » de Dixon, beaucoup moins violente que celle de Jeff Healey, mais plus chaloupée. Là encore Garstenauer balance un chorus calme,

bourré de feeling, aidé par le grand Bugs Anderson à la seconde guitare.

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Les morceaux s’enchaînent sans aucune perte de qualité. Sachez que cet album ne renferme aucune faiblesse, ce qui est tout de même une chose rare, les chorus sont tous habités, ce n’est pas du déballage style, regardez ce que je sais faire. Non pas du tout. « SLIDE TO THE BONE » lorgne vers un rock’n’roll à la George Thorogood,

avec une formidable slide, balançant diaboliquement. « NO DOUBT », est un blues assez fantastique, dans l’esprit Hendrix et Ten Years After

avec la voix qui accompagne les notes distillées à la guitare, avant de partir sur un splendide chorus. Dans le morceau « NOTHING TO SAY »,

GARSTENAUER joue un peu dans le style John Mooney, chaud, ensoleillé, calme, tranquille, les notes bien déliées. « HI-HELL SNEAKERS »

est un titre aux accents légèrement country bien sympathique. « 29 WAYS » jazzy avec un petit air « I’m Going Home » du Ten Years After des débuts, très sympa.

Retour au gros son bluesy-rock avec « ROLLIN’ STONE » de M. Morganfield, hypnotique à souhait, avec sa basse métronomique.

L’album s’achève sur la reprise du « NINE BELOW ZERO » de S.B.Williamson un blues idéal pour clôturer un album dédié à cette musique de l’âme, du coeur et de la souffrance, avec l’aide de Dieter Schöni à la deuxième guitare.

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Voilà donc de nouveau disponible, ce merveilleux album que je vous recommande, et vous incite à découvrir, maintenant que vous pouvez le trouver sur internet, chez un très grand site marchand international, vous n’avez donc maintenant plus aucune excuse, ne passez pas à côté de cette petite perle, qui j’en suis sur, comblera vos oreilles, et saura parler à votre coeur.

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