« MOLLY HATCHET »

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Le début des années 70, vit émerger un nouveau courant musical dans le sud des Etats-Unis, mélange de blues, de country, de gospel, et de british blues. Ce courant se qualifia lui-même de « Southern Rock« , Rock du Sud, ou Rock Sudiste. Les grands précurseurs en furent, avec classe, virtuosité et émotion, Allman Brothers, Lynyrd Skynyrd, et un groupe issu de Jacksonville en Floride, MOLLY HATCHET, dont le nom venait d’une célèbre meurtrière du XVII ième siècle,

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qui avait la fâcheuse habitude de décapiter ses amants à la hache. Une personne donc, des plus agréable…. Lors de la sortie de leur premier album, on dit du groupe, qu’il est le nouveau, ou du moins le successeur de Lynyrd Skynyrd, venant de la même ville, et jouant un musique assez proche, le parallèle semble évident, même si son rock est moins subtil, moins bluesy et jazzy. Pourtant à l’écoute de ce magnifique premier opus, « MOLLY HATCHET » 1978, le son est plus rock, plus méchant que leurs potes du Lynyrd.

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Qui plus est, MOLLY possède trois lead guitares, qui s’en donnent à coeur joie, pour lancer et relancer les chorus. Ce premier album, contient déjà de futurs classiques du groupe, « Bounty Hunter »,

« The Creeper »

et un très beau « Dreams I’ll Never See »,

une reprise du Allman Brothers. Mais la première chose qui frappe, c’est le dessin qui orne la pochette, une magnifique peinture de Frank Frazetta, un guerrier à cheval, visage dans l’ombre, seuls visibles, des yeux rouges, armé d’un bouclier et d’une hache sanglante. Impressionnant!!! Le groupe est alors composé de Danny Joe Brown (vocaux), Duane Roland (guitare), Dave Hlubek (guitare), Steve Holland (guitare), Banner Thomas (basse), Bruce Crump (batterie).

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L’album sera plusieurs fois disque de Platine. Le groupe se taille une réputation de performers, jouant gros, et puissant. On les trouve assurant les premières parties d’Aerosmith et de Bob Seger. En 1979MOLLY enfonce le clou avec « FLIRTIN’ WITH DISASTER », plus puissant, et plus réussi que le précédent. Les paroles tournent autour des mêmes thèmes, les femmes, le whisky, le rock’n’roll, les tournées. Le dessin de pochette est toujours signé Frazetta, un impressionnant guerrier viking en marche.

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Ce type de dessin de pochette deviendra l’image de marque du groupe. Encore des classiques pour le futur, « Flirtin With Disaster »

 « Whiskey Man »,

et un remarquable « Boogie No More », aux parties de guitares des plus impressionnantes,

où les chorus se croisent, s’entre-croisent, fusionnent, et s’envolent très haut…  Comme le précédent les ventes l’amèneront à être plusieurs fois également disque de platine.

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Entre les deux albums, Epic, la maison de disque de MOLLY conçoit un mini-album live de cinq titres, un promo destiné à être passé en radio, afin de faire patienter les fans jusqu’à la sortie du second disque. Hélas cet album enregistré au Capitol Theatre de Passaic dans le New-Jersey en 1978, n’est pas destiné à la vente, au grand dam de tous les fans du groupe.

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C’est maintenant un collector extrêmement recherché, et vendu, lorsqu’on arrive à le trouver, à des sommes exorbitantes… Merci Epic… La pochette est la même que celle du premier album, avec simplement le mot LIVE inscrit sous la bannière du groupe. Les cinq titres y figurants sont, Bounty Hunter, « Gator Country »,

Big Apple, Dreams I’ll Never See, et Trust Your Old Friend. C’est avec cet album que MOLLY HATCHET devient un grand de la scène rock U.S.

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Les concerts s’enchaînent sans arrêt, les stades se remplissent, et la pression se fait de plus en plus forte. A la fin du « Flirtin’ With Disaster Tour », Danny Joe Brown jette l’éponge pour des problèmes de diabète. Et en 1980 quand paraît le nouvel album du groupe, D.J.B. n’en fait plus partie. A sa place, un chanteur, à la stature de Leslie West, l’imposant Jimmy Farrar.

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L’album, « BEATIN’ THE ODDS », n’a pas à rougir par rapport au deux premiers disques, bien au contraire, c’est un brûlot bouillonnant, rempli jusqu’à la gueule d’un rock’n’roll puissant et inspiré.

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Dès le premier morceau, Beatin’ The Odds, le ton est donné, pied au plancher. 

Malgré le côté très hard du disque, « Sailor »

c’est la première fois chez MOLLY que l’on trouve une ballade, superbe au demeurant, démontrant les belles possibilités vocales de Jimmy Farrar, le nouveau chanteur : The Rambler.

Tous les morceaux sont excellents, le groupe y parle des problèmes de drogues, des rock critiques. On trouve même une reprise du Creedence Clearwater Revival, Penthouse Pauper.

Malgré sa voix parfaite pour les morceaux du groupe, Farrar a du mal à se faire accepter par le public.

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Personnellement, j’ai toujours préféré sa voix, c’est un vrai bon chanteur, au timbre plus original que celui de Danny Joe Brown, comme quoi les goûts et les couleurs… Comme Epic l’avait fait en 1978, un live est enregistré au Lakeland Civic Center de Lakeland en Floride le 31 Décembre 1980. Et là encore Epic ne le sort pas, peut-être se doutait on que Farrar ne ferait qu’un passage au sein du groupe. C’est vraiment dommage. Seuls, des professionnels du disque réussirent à en avoir un exemplaire, comme pour l’autre album, celui-ci devient très rapidement un collector.

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Le son en est énorme, et les morceaux joués sont extraits de « Beatin’ The Odds ».

Nous sommes en face de la meilleur formation du groupe et cela s’entend.

« Dead And Gone »

« Crossroads »

C’est une pure merveille… Malgré tout, l’année suivante, 1981, toujours avec Farrar aux vocaux, sort l’album « TAKE NO PRISONERS« . Cette fois-ci la pochette n’est plus dessinée par Frazetta, il demandait beaucoup trop cher. C’est donc vers un autre surdoué du pinceau que le groupe se tourne, Boris Vallejo. Mais le résultat n’est pas une réussite, par contre le contenu du disque est en parfaite continuité avec le style de MOLLY HATCHET. Le groupe se fait descendre par les critiques,

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pourtant on y trouve de très bons morceaux tel ce, « Bloody Reunion »,

« Loss Of Control »,

et une reprise de « Long Tall Sally ».

Les concerts continuent, cette année 1981, le 17 JanvierMOLLY HATCHET participe à une Volonteer Jam de Charlie Daniels, au Municipal Auditorium de Nashville. Le groupe interprète une version musclée du « Mississippi Queen » de Mountain, épaulé par un quatrième guitariste, invité surprise pour cette occasion, Ted Nugent. C’est donc un MOLLY HATCHET à quatre guitaristes solistes qui jouera le titre de Leslie West

Hélas tout ne va pas pour le mieux pour le groupe, le public le boude, la présence de Jimmy Farrar gêne les vieux fans, il est vrai que durant certains concerts sa voix a du mal à tenir la route jusqu’à la fin du show… De nombreuses lettres arrivent au fan-club pour demander son éviction… On réclame le départ du « gros » !!!!!!

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1983, le MOLLY HATCHET nouveau est arrivé, « NO GUTS…NO GLORY ». Énorme surprise, Danny Joe Brown est de retour, évinçant ainsi Jimmy Farrar. Sa santé s’étant nettement améliorée, il a réintégré le groupe. Autre changement, les musiciens de la section rythmique, le nouveau bassiste se nomme Riff West, le nouveau batteur BB Bordan (ex-Mother’s Finest ), un autre musicien débarque dans cette formation new-look sans être crédité sur la pochette, John Galvin aux claviers. Nouveauté, ce n’est plus un dessin pour la pochette, mais une photo dans le pur style western.

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L’album est du MOLLY HATCHET à son meilleur niveau. Les titres sont excellents, « What Does It Matter »,

« What’s It Gonna Take »

et surtout, figure sur cet album le classique des classiques, le Free Bird de MOLLY HATCHET, une merveille, montant doucement en puissance, jusqu’au final où les guitares se mettent à hurler comme des loups à la pleine lune !!!! « Fall Of The Peacemaker ».

  En 1984 arrive le nouveau disque « THE DEED IS DONE », il s’accompagne de changements importants, Steve Holland est parti, Bruce Crump revient à la batterie. Comme pour ZZ Top à peu près à la même époque, le groupe prend une orientation plus FM, les claviers se font trop envahissants, mais, là où ZZ Top, avait su jouer et s’imposer magnifiquement sur un nouveau terrain, avec ce qui reste comme un de ses meilleurs albums MOLLY HATCHET perd une grande partie de son âme…

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D’ailleurs certains titres du disque ressemblent à ceux de l’album du ZZ Top Eliminator, en beaucoup moins bons et puissant, hélas… Et en beaucoup plus commercial… J’ai beaucoup de mal à sortir un morceau vraiment valable, de cet album, qui n’a plus rien à voir avec le « vrai » MOLLY !!! Écoutez donc le morceau d’ouverture, « Satisfied Man ».

Le groupe semble en manque cruel d’inspiration… Seule la pochette nous rappelle la grande époque. Le groupe a déniché un nouveau et excellent dessinateur, Ezra Tucker. Dans l’absolu, il faut vite oublier cet album. De toute évidence, le groupe cherche à passer sur les radios, et sur MTV, même au détriment de la qualité musicale des morceaux. Ou est le grand MOLLY HATCHET, porteur et gardien de la flamme du rock-sudiste, en tout cas pas dans cet album raté… Hop !!! Circulez, y’ a rien à voir… Heureusement 1985 nous amène le tant attendu double live, « DOUBLE TROUBLE LIVE ». Ouf, c’est pas trop tôt,

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surtout après un ratage comme l’album précédent, il faut du sérieux pour remotiver le public des concerts et les acheteurs de disques !!! Avec ce live, nous retrouvons le MOLLY HATCHET de toujours. Le vrai? pas tout à fait. Tous les classiques du groupe sont au rendez-vous, on y trouve même une reprise du Free Bird de Lynyrd Skynyrd.  Malgré tout, l’absence d’un guitariste, et des claviers  trop présents nous font regretter que ce double live n’est pas été enregistré quelques années plus tôt…Le meilleur y côtoie le pire !!!L’album couvre différents concerts remontant à l’année 1983. Curieusement il ne se vend pas aussi bien que prévu, malgré de réelles qualités. MOLLY continue les tournées. Et puis plus de nouvelles. Silence radio. Nada.

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Les années passent, et il faut attendre 1989 pour voir la sortie d’un nouvel album du groupe, « LIGHTNING STRIKES TWICE », qui renoue un peu avec le passé, avec un disque plus rock, mais guère convaincant… De plus, un nouveau changement apparaît, le départ de Dave Hlubek, remplacé par Bobby Ingram. « Take Miss Lucy Home »

« Find Somebody New »

« I Can’t Be Watching You »

peuvent être considérés comme les best de cet album.

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Le son est tranchant et les parties de guitares sont au rendez-vous, mais la bonne vieille magie des débuts n’opère plus vraiment, il manque quelque chose… Six morceaux sur dix, ne sont pas composés par le groupe… L’album sonne autant hard que sudiste, on a la douloureuse impression que le groupe se cherche, ce qui est un comble !!! Le disque n’est pas foncièrement mauvais,  mais MOLLY HATCHET nous a habitué a du meilleur. Les concerts de cette tournée d’ailleurs ne sont pas non plus exceptionnels. Je les ai vu à l’Elysée Montmartre, et j’en suis ressorti extrêmement déçu !!!Heureusement STOCKS en première partie nous a sauvé d’une mauvaise soirée…

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Par contre la pochette est très belle, c’est de nouveau Ezra Tucker qui la signe. De 1990 à 1995, le groupe n’enregistre aucun album, mais tourne énormément, Etats-Unis, Canada, Europe. « DEVIL’S CANYON » est le seul nouvel album en six ans. Il marque un sursaut de vitalité du groupe. Mais de nouveaux problèmes de santé empêchent Danny Joe Brown de continuer l’aventure.

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Le nouveau chanteur s’appelle Bill McCormack. En concert MOLLY interprète toujours les vieux classiques, mais le feeling n’est plus le même, les temps ont changés comme disait Dylan.

« Devil’s Canyon »

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Le MOLLY HATCHET des années 90, n’a plus grand chose de commun avec celui des années 70/80, le son est plus actuel. Par contre les musiciens sont bons, voir même excellent, McCormak possède une voix forte aux accents assez proches de Dany Joe Brown, et les nouveaux morceaux sont plus dans l’esprit sudiste,

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cela se vérifie en 1998 avec la sortie du remarquable « SILENT REIGN OF HEROES », le meilleur album studio de MOLLY depuis No Guts… No Glory, en 1983. Moi, qui n’y croyais plus, la surprise n’en a été que plus agréable, on y retrouve le style qui a fait la gloire de MOLLY HATCHET, de belles envolées de guitares, des thèmes accrocheurs, des tubes en puissance. « Saddle Tramp ».

Deux morceaux assez longs, dans le plus pur esprit Southern Rock viennent rappeler les origines du groupe, et belle surprise finale, une version acoustique

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magnifique de leur classique Fall Of The Peacemakers. Un très beau « Silent Reign Of  Heroes »,

et le titre « Mississippi Moondog ».

Un nouveau dessinateur fait son apparition pour la pochette, Paul Raymond Gregory, ça ne vaut pas, et de très loin Frazetta, ni même Ezra Tucker, mais bon, ce n’est trop grave. L’album est superbe , c’est le plus important… Le dernier album de Molly sort en 2000, et porte le titre « KINGDOM OF XII », je ne peux rien vous en dire, je ne l’ai pas acheté, je sais c’est pas bien, j’ai honte… Mais les indications que j’en ai eu sont excellentes…

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Mais j’avoue me lasser de ce nouveau MOLLY HATCHET qui ne m’apporte plus rien. Qui sait, peut-être que ce nouveau siècle verra la complète renaissance de MOLLY HATCHET, qui tel un phoenix renaîtra de ses cendres, c’est tout le mal que je souhaite à ce grand groupe… Mais hélas, les albums suivants seront pour beaucoup des Best Of

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rejoué par la formation actuelle,

« Layla »

des live sans trop d’intérêt. Alors phoenix, ou extinction des feux, wait and see !!!!

 

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