C.NYBY/H.HAWKS : « THE THING FROM AN OTHER WORLD ». 1951 (La Chose d’Un Autre Monde)

Une expédition scientifique américaine installée au Pôle Nord, découvre dans un OVNI écrasé sur la calotte glacière, un passager Extra-terrestre congelé. « LA CHOSE D’UN AUTRE MONDE » fait partie de l’époque de l’Age d’Or du cinéma Fantastique de Science-fiction.

C’est Howard Hawks qui acheta les droits d’adaptation cinématographique de la nouvelle de John W. Campbell Jr : « Who Goes There » et qui travailla au scénario avec Charles Lederer et Ben Hecht. C’est également la propre compagnie de Hawks qui en assura la production. La réalisation en fut confiée à Christian Nyby, monteur de Hawks sur LE PORT DE L’ANGOISSE, LE GRAND SOMMEIL et LA RIVIERE ROUGE. Mais il est évident que la patte de Hawks se sent dans la direction des acteurs, dans leur affrontement,

Christian Nyby assurait là sa première réalisation et manquait cruellement d’expérience. Hawks surveilla entièrement toute la réalisation du film. Hawks et Nyby prirent la décision de laisser la « Créature » constamment dans l’ombre, afin d’en accroitre son côté menaçant et horrible …

Quelques séquences d’Anthologie figurent dans le film, comme la découverte de la taille de la soucoupe par les membres de l’expédition, et bien sur le dernier combat contre l’ « Alien ». Ce film est l’un des premiers à traiter d’une « invasion » venue de l’espace. L’affaire Roswell est toujours très présente dans les esprits, et les soucoupes volantes intéressent énormément les américains. Les similitudes avec l’ALIEN de Ridley Scott sont nombreuses. La découverte d’un vaisseau issu d’une autre planète par un groupe réduit et isolé,

l’introduction dans leur habitacle d’une créature, d’une vie étrangère qui les menacera tour à tour, la mutation moléculaire des deux créatures, les rapports conflictuels entre les membres d’équipage, la détermination du scientifique à ne pas tuer la créature mais à la capturer vivante à des fins d’études, optique différente de celle des militaires…

D’ailleurs, il est à noter qu’à la sortie d’ ALIEN, de nombreux critiques avaient qualifié le film de « remake » à gros budget de « THE THING ». Il est à noter également le sens « politique » des derniers propos du film, lorsque le journaliste s’adresse par radio à son journal, dans un véritable réquisitoire, où il dit

« ….Ici, au sommet du monde une poignée de soldats américains à rencontré la première invasion provenant d’une autre planète. Maintenant… je tiens à avertir chacun de ceux qui écoutent le son de ma voix. Dites au monde, dites à chacun, où que vous vous trouviez, de regarder le ciel, de regarder partout, de continuer toujours à ouvrir les yeux … Regarder le ciel !!! »

Cette déclaration, véritable mise en garde contre un danger extérieur, faite en 1951, prend un sens ambigu, et passablement anti-Russe, quand on sait, que c’est cette même année, que les époux Rosenberg furent condamnés pour espionnage au profit de l’ Union Soviétique, et que le sénateur McCarthy est en pleine « Chasse aux Sorcières » dans sa campagne anti-communiste. Mais ne voir que cela de ce Chef-d’Oeuvre serait ridicule.

La même année, 1951, Robert Wise sortait « Le Jour Où La terre s’Arrèta », autre merveilleux film de science-fiction, qui prend le contre pied total de la « CHOSE » avec un extra-terrestre qui ne veut pas tuer qui que ce soit mais dialoguer, et apporter la paix sur terre. Deux films opposés, deux visions différentes, deux Chef d’Œuvre. Soixante six ans plus tard, « LA CHOSE »  n’a rien perdu de son pouvoir magique et merveilleux, le fantastique y est traité avec sérieux et rigueur.

En 1982 John Carpenter, grand fan du film, en réalisa un remake plus « visuel » et effrayant, à grands renforts d’effets spéciaux remarquables et impressionnants, mais où la bonne vieille magie du premier film laissait place à une symphonie infernale, grandiose et horrifique. Pour finir, une précision, la superbe musique du film est signée du grand Dimitri Tiomkin.

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