CECIL B. DeMILLE : « LES DIX COMMANDEMENTS ». 1956

Lorsqu’enfant, j’ai vu pour la première fois « LES DIX COMMANDEMENTS », je fus émerveillé par le spectacle grandiose qui m’était offert. Que de beauté, que de magnifiques couleurs, que de moments à tout jamais gravés dans ma mémoire, les bâtons se changeant en serpents, les plaies déferlants sur l’Egypte, le Nil se changeant en sang,

la mer Rouge s’ouvrant en deux, les Tables de la Loi… Et les splendides costumes. Que de merveilles pour les yeux d’un enfant. Adulte, la vision du film conserve son côté magique, ce souffle épique qui s’en dégage. Entre scènes intimistes et scènes épiques, « LES DIX COMMANDEMENTS » reste toujours cette fresque inégalée, entre le sacré et le profane, démons et merveilles.

Et sa durée, dépassant les trois heures, passe à la vitesse de la lumière.  » Esclave en Egypte, les Hébreux espèrent la venue d’un libérateur, qui les délivrerait du joug de l’esclavage. Lorsqu’une prophétie annonçant sa venue arrive aux oreilles de Ramsès Pharaon d’Egypte, ce dernier décide de faire tuer par ses soldats tous les nouveaux nés males issus d’Israël. Une mère ne peut se résoudre à cela. Yochebel confie son bébé et son panier d’osier au Nil, espérant pour lui un avenir plus clément.

Et effectivement, le bébé est recueilli par Bitiah, sœur de Pharaon, qui fait de lui son fils et lui donne le nom de Moïse, qui signifie « sauver des eaux ». Le bébé est élevé dans la maison de son oncle, le Pharaon Sethi Ier, comme un Prince d’Egypte. Vingt Ans passent. Moïse, devenu un homme, mène à la victoire les armées de Pharaon contre l’Ethiopie, et ramène de nombreux présents pris aux vaincus. Jalousé par le fils de Sethi, Ramsès, 

qui n’a pu faire avancer les travaux de la cité pour le jubilé de Pharaon, alors que Moïse lui, revient triomphant, Sethi lui demande de construire sa ville, tandis que Ramsès devra ramener l’Hébreux libérateur enchainé si c’est un homme, ou dans une petite fiole, si c’est un mythe. Mais Moïse est aimé de Néfertari, future reine d’Egypte, qui devra épousé un des deux Princes, choisi par Pharaon comme en étant le plus digne.

Suite à la mort de la vieille nourrice Memnet, qui l’a élevé, et qui connait son secret, Moïse apprend qu’il n’est, ni né égyptien, ni noble, mais Hébreux et esclave. Frappé par cette nouvelle, ébranlé dans ses convictions par cette révélation, Moïse s’en va rencontrer son peuple, et vivre parmi les siens, comme esclave,

bâtisseur de la nouvelle cité, avec dans l’esprit une seule et même question, comment un homme peut-il naître esclave, et un autre libre ». Magistralement réalisé par CECIL B.DeMILLE, le film « LES DIX COMMANDEMENTS », véritable épopée biblique, est un voyage en vistavision couleurs, de plusieurs millénaires avant notre ère, une époque durant laquelle, les Egyptiens tenaient les Hébreux en asservissement et en esclavage. Aujourd’hui encore, le spectateur est bouche bée devant le spectacle de la Mer Rouge ouvrant ses flots,

du départ d’Egypte du peuple Hébreux, et de bien d’autres moments de bravoure spectaculaires.

Des sentiments exacerbés dictent les actions des personnages, absolument parfait dans leur rôle. La sensualité des Egyptiens se mêle à un ascétisme du peuple Hébreux, qui passe merveilleusement bien à la caméra. DeMILLE

nous raconte une histoire, vieille de plusieurs millénaires, mais qui nous parle encore maintenant. DeMILLE est le réalisateur du grandiose, de la démesure, du spectacle total. Tous ses films le prouvent.

Déjà à l’époque du cinéma muet, il réalise en 1923, une version muette des « Dix Commandements ».

En 1927 « Le Roi Des Rois » sur la vie de Jésus,

en 1932 « Le Signe De La Croix »,

en 34 « Cléopâtre »,

en 35, « Les Croisades ».

Puis à l’avènement du parlant, il nous offre « Les Tuniques Ecarlates » en 1940,

« Les Naufrageurs Des Mers Du Sud » en 1942,

« Les Conquérants D’un Nouveau Monde » en 1947.

Il marque son retour au péplum biblique fastueux en 1949, avec le magnifique « Samson et Dalila »,

qui remporte un énorme succès populaire. En 1952 sort « Sous Le Plus Grand Chapiteau Du Monde » un des premiers grands rôles de Charlton Heston.

Mais CECIL B. DeMILLE avait déjà à ce moment précis de sa vie, une envie qui retenait toutes ses moindres pensées. Réaliser un remake plus actuel de son film muet, « LES DIX COMMANDEMENTS ». Ce sera sa dernière œuvre, son ultime film, son testament. Il veut réaliser le plus grand film de toute l’histoire du cinéma.

La Paramount lui donne les pleins pouvoirs, et des crédits illimités. Durant trois ans, il en peaufine l’écriture, il supervise la création de tous les décors,

dont certaines statues de plus de trente mètres de haut,

les costumes des acteurs, sans oublier tous les repérages en Egypte, dans le Sinaï, car CECIL B.DeMILLE veut tourner dans les lieux mêmes qui virent les personnages réels de son film.

Des maquettes au 1/5e sont construites, et des ateliers sont chargés de créer des « matte painting », des peintures représentant de grandioses paysages.

Le tournage du film dure sept mois, avec des shootings en Egypte pour la première partie du long métrage, puis pour la création des nombreux effets spéciaux émaillant l’intégralité du film.

20 000 figurants, 10 000 animaux. Le résultat dépasse toutes les attentes. Les images, les couleurs sont absolument somptueuses, et les scènes d’anthologies se succèdent pour notre plus grand plaisir.


                (Collection Christophel)

CHARLTON HESTON et YUL BRYNNER rivalise de talent, l’un portant le film sur ses épaules, l’autre, donnant une interprétation des plus inspirée, on est ému, emballé, passionné par ce qui se déroule sous nos yeux ébahis.

De même que Cocteau pour « La Belle et la Bête » nous demandait de retrouver notre âme d’enfant, DeMILLE s’adresse à l’enfant qui sommeille en chacun de nous,

il nous offre toujours plus de choses. Plus de sentiments, plus de couleurs, plus de spectaculaires, plus de démesure. Toujours plus!!! Mélangeant prises de vue réelles, et matte paintings,

le seul défaut du film vient de l’incrustation des acteurs sur les arrières plans studio.

Le détourage des personnages reste très visible, suite à quelques problèmes techniques de l’écran vert. C’est bien dommage, car sinon, le film aurait été parfait du début à la fin. Mais ne gâchons pas notre plaisir pour tout autant, « LES DIX COMMANDEMENTS » est un fabuleux voyage,

un émerveillement perpétuel, une magie de tous les instants. Et bien que l’ayant vu des dizaines de fois, je reste bouche bée à chaque fois que je le regarde

et je me dis, c’est dommage que je ne sois pas croyant, ce doit être une fabuleuse sensation, et une grande aide, que de penser qu’il y a quelqu’un au dessus de nous. Quelque soit le nom qu’on lui donne.

Mais je ne le suis pas, c’est ainsi. Ce qui ne m’empêche pas d’adorer de film… Alors si par le plus grand des hasards, vous n’avez jamais vu ce spectacle inoubliable,

jetez-vous sur les DVD ou mieux encore le BluRay, pour profiter d’une version absolument splendide, intégralement remastérisée, et d’une qualité exceptionnelle !!!

 

 

 

 

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