THIN LIZZY : « LIVE LIFE » 1983

Trente deux ans après la mort de PHIL LYNOTT, que nous reste t’il de THIN LIZZY ? Quelques fabuleux albums  studio, et des enregistrements live de très haute volée, fort heureusement… Et oui, cela fait trente deux ans que l’ange noir s’en est allé, emportant son image, sa voix, son charisme.

Plus de concerts, seuls les disques pour se replonger dans cette grandiose folie, et pouvoir réécouter ces morceaux qui nous font décoller vers les étoiles. THIN LIZZY n’est plus. Un géant a quitté notre monde, nous laissant un merveilleux héritage au sein duquel on peut se replonger, pour notre plus grand bonheur, et redécouvrir encore des trésors cachés dans des titres que l’on croyait connaitre pourtant par cœur.

Et en une fraction de seconde, la magie opère de nouveau, doigts de pieds en éventail, on se laisse submerger par le plaisir de réécouter ces mélodies imparables, ces chorus en éruption continue. Après un premier album live « Live and Dangerous » datant de 1978, rentré dans le Club des plus Grands Albums Live de l’Histoire,

THIN LIZZY réitère en 1983, avec l’immense double album « LIFE-LIVE », enregistré durant ce qui fut leur tournée d’adieu, tournée de promotion du dernier album « Thunder and Lightning ».

Extraordinaire tournée résumant la carrière du groupe, avec en invités spéciaux les guitaristes ayant participé à THIN LIZZY au cours de leur vie. Enfin presque tous car Snowie White ne reçu pas de carton d’invitation. Ses relations avec LYNOTT n’étaient toujours pas revenues au beau fixe !!! Tant pis, « LIFE-LIVE » n’en demeure pas moins un brûlot d’efficacité. Testament survitaminé d’un groupe qui se savait en fin de vie, l’album s’étale sur quatre faces de 33 tours, rempli jusqu’à la gueule de tonnerre et d’éclairs.

En 1982, le départ de Snowie White, au retour de la tournée « Renegade » permet à PHIL LYNOTT de rechercher un nouveau guitariste, plus en rapport avec ce qu’il attend, pour pouvoir relancer le groupe. Les gros problèmes de drogues en son sein, ajoutent encore un peu plus de tension, et c’est dans une atmosphère « tendue », que PHIL recrute JOHN SYKES, ancien membre de « Tygers Of Pan Tang ».

Fabuleux guitariste, SYKES apporte un sang neuf, et un son parfait pour l’esprit d’un groupe, drivé de main de maître par une basse claquante et omni présente. Deux guitares à l’unisson, et depuis peu un clavier nappant de brume et de synthétiseur le ciel du groupe.

Des morceaux remarquablement construit, des chorus de guitares bien rock pour ne pas dire hard, une basse pivot, épine dorsale des titres, telle est le style de THIN LIZZY. Et en cette année 1983, avec l’arrivée de JOHN SYKES, le groupe est vraiment au top, énergique, musical, flashy. Comme on dit « ça dépote grave » !!! L’album « Thunder and Lightning » en est la preuve évidente. Les guitares vrombissent, et ça démarre très fort. C’est du violent, pas du frelaté !!! JOHN SYKES est là, et ça s’entend !!!

SCOTT GORHAM a enfin retrouvé un partenaire à sa démesure. Le son est énorme, les claviers de DARREN WHARTON prennent une place parfaite, ni trop, ni trop peu. Quant à LYNOTT comme à son habitude, sa basse est partout, et tout s’articule autour de lui. Un album plus noir que les autres. Il faut dire que PHIL est vraiment au plus bas, sa femme l’a quitté emmenant leur fille. Il est désespéré, et se plonge encore un peu plus dans la drogue, ce qui ne fait qu’empirer les choses. Et toutes ses angoisses transparaissent dans le nouvel et hélas dernier album du groupe.

Pour LYNOTT, c’est la fin de la route, il veut dissoudre le groupe, passer à autre chose, un nouveau projet, un nouveau groupe « Grand Slam ». Et pourtant LIZZY est en grande forme, la tournée qui suit la sortie de « Thunder and Lightning » est un triomphe, SYKES veut continuer l’histoire, le groupe ne doit pas mourir, pas avec cette qualité musicale et instrumentale. Les concerts sont enregistrés en vue de la sortie d’un ultime album live. Les soucis familiaux et les drogues ont raison de PHIL LYNOTT

qui dissout le groupe après une dernière courte tournée au Japon, où la course pour trouver de l’héroïne était la principal soucis des musiciens, et un dernier concert au Festival de Reading, le 28 août 1983. Revenons maintenant au sujet qui nous intéresse, le grandissime double album « LIFE-LIVE ».

Dès le premier titre, la locomotive s’ébranle, et part à toute vitesse. « THUNDER AND LIGHTING » déboule avec rage et puissance,

on entre tout de suite dans le vif du sujet. Le groupe n’est pas là pour enfiler des perles, c’est du grand THIN LIZZY qui vous prend au tripes, avec une classe énorme. La venue de JOHN SYKES apporte au groupe un son beaucoup plus « heavy », plus méchant, qui lui va à ravir.

La suite nous comble les oreilles, une intro comme on aime, basse et batterie pour débuter, rejoint par les deux guitares à l’unisson. « WAITING FOR AN ALIBI ». Du grand art. Classieux, en un mot Jouissif !!!

Même si LYNOTT semble un peu fatigué, l’ensemble est d’une élégance rare, et les chorus de guitares sont tout simplement splendides. Le bonheur est total !!!

Même état d’esprit avec le superbe « JAILBREAK » dans une magnifique version, hard à souhait. Un classique re-vitaminé de fort belle manière.

Illuminé par un JOHN SYKES archi présent ainsi qu’un BRIAN DOWNEY  parfait derrière ses fûts.

Parés pour un rock’n’roll puissant « BABY PLEASE DON’T GO »

tout de violence contenue. Nouvel extrait de l’album « Thunder and Lighting » avec « HOLY WAR », plus sombre, éclatant d’une beauté ténébreuse,

parsemé de guitares et d’une ligne de basse claquante. Encore un grand titre. « RENEGADE » et son intro de basse au médiator, une ambiance plus ouatée, moins rock du moins au début du morceau.

Mélodie imparable. Quel putain de groupe. Et ces deux guitares qui s’envolent. Pour information, c’est Snowy White qui est à la lead.

Frissons. « HOLLYWOOD » et ses guitares râpeuses,

chouette morceau encore, toujours cette classe qui colle au groupe. « GOT TO GIVE IT UP » et son côté autobiographique sur la drogue, avec un magnifique chorus de SYKES lancé par LYNOTT.

Un grand morceau. Mais attention, la fin du premier disque arrive avec un grandiose enchainement de « ANGEL OF DEATH » avec « ARE YOU READY ».

Du grand, que dis-je du très grand LIZZY. « A O D » dépote, on retrouve la locomotive lancée à toute vitesse, qui fait la part belle à DARREN WHARTON et à ses claviers.

Ce titre est une bombe à retardement, et il s’enchaine avec une autre bombe, et pas des moindres puisqu’il s’agit de « ARE YOU READY » qui écrase absolument tout sur son chemin, et ça fait très mal… La version est grandiose.

Puissante, énergique, elle clôt divinement bien ce premier disque, nous laissant l’eau à la bouche pour la suite…

Et la suite arrive très vite avec le classique « THE BOYS ARE BACK IN TOWN » devant une foule déchainée, et heureuse.

Swing et rock se marient à merveille dans ce titre de légende. Le hard revient fort avec les guitares de « COLD SWEAT », lourdes et puissantes.

Le titre suivant est une excellente surprise, car c’est également un des plus grand morceau de THIN LIZZY, il figurait déjà sur le précédent live du groupe « Live and Dangerous ».

Mais comme l’annonce PHIL LYNOTT, en préambule, ce soir le titre est présenté dans sa forme originale, à savoir un blues. Et c’est absolument merveilleux. Le titre y gagne en beauté. Sur plus de cinq minutes, c’est l’état de grâce.

Une magnifique redécouverte dans laquelle JOHN SYKES fait preuve d’un feeling infernal, et nous gratifie d’un solo digne des plus grands six cordistes du monde, dans une accélération du tempo, pour revenir à la version que l’on connait déjà !!! Du grand art…

Avec « KILLER ON THE LOOSE » extrait de « Chinatown », introduit par la basse de PHIL, on reste en terrain connu, encore un classique du groupe. Belle version encore une fois, des musiciens en osmose parfaite, une mis en place au carré,

des guitares qui chantent à merveille, une rythmique d’enfer, un excellent titre pour les concerts, avec un LYNOTT qui fait participer le public.

« THE SUN GOES DOWN » tranche radicalement. Douceur, et calme après la tempête. Cet extrait de « Thunder and Lighting » marque une rupture avec le traditionnel THIN LIZZY, plus sombre, plus ténébreux comme « HOLY WAR ».

Un titre tout en retenue, avec la voix sensuelle et chaude de LYNOTT. Le chorus de SYKES est tout à fait dans l’esprit du morceau, retenu, sobre, avec quelque chose d’extatique… Une pure merveille.

Retour au grand soleil avec « EMERALD ». Ce rock à tendance celtique est également un grand classique du groupe, avec ces ponts de guitares.

Un véritable feu d’artifices, des chorus qui s’envolent très haut, GORHAM et SYKES se répondent à merveille. Que c’est beau !!! On continue dans le celtique avec le splendide « BLACK ROSE A ROCK LEGEND » avec en invité Gary Moore qui faisait parti de THIN LIZZY à l’époque de cet album.

Que dire sinon que c’est tout simplement superbe…

Là on arrive sur les derniers titres du disque. Les quelques neuf minutes du classique « STILL IN LOVE WITH YOU » sont belles à pleurer. Retour de l’état de grâce. La version est sublime, la voix de LYNOTT est parfaite, douce, tendre, toute de velours.

Vraiment un très grand moment, magnifié une fois de plus par la guitare de JOHN SYKES, toute en finesse et feeling, pour deux chorus de toute beauté. Indéniablement, c’est le guitariste qu’attendait THIN LIZZY, d’ailleurs le public ne s’y trompe pas et l’ovationne à la fin du morceau.

Et voilà, dernier morceau de l’album, et des concerts « THE ROCKER ». Et pour que la fête soit complète PHIL LYNOTT a convié tous les anciens guitaristes du groupe, enfin presque puisque Snowy White n’a pas répondu à l’invitation. Sont présent, Brian Robertson, Gary Moore, Eric Bell.

Du coup le titre devient spectaculaire, cinq guitaristes, et non des moindre, ensemble pour magnifier cette fin de concerts, devant un public en transe. Chacun y va de sa petite phrase, pour le bonheur de tous, musiciens et public. On aurait pu en écouter encore plus, tellement le plaisir est énorme.

Alors oui, le son est un peu moins bon que sur « Live and Dangerous », PHIL LYNOTT était un peu fatigué, le groupe savait qu’il était sur sa fin. Mais malgré tout, cet album n’est que bonheur, et plaisir à l’état brut. Magnifique testament musical « LIFE-LIVE » est tout bonnement un des grands albums live de l’Histoire du Rock.

De plus, le groupe a concocté une set liste plus que parfaite, pour frapper le chœur du public et des auditeurs de l’album. THIN LIZZY était dans une forme musicale de très haut niveau, et on ne peut que regretté la décision de stopper le groupe. Mais cette décision était celle de PHIL LYNOTT qui souhaitait passer à un autre projet avec « Grand Slam ».

Heureusement, les albums sont là pour notre plus grand plaisir. Alors ne le boudons pas, et partageons tous ensemble ce bonheur de pouvoir s’envoler encore et encore sur les ailes de THIN LIZZY… Avec tout de  même un petit pincement au cœur !!!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

One thought on “THIN LIZZY : « LIVE LIFE » 1983

  1. Anonyme dit :

    Ça fait beaucoup de bien aux oreilles de « redecouvrir » thin lizzy après autant de temps. .
    Je me suis régalé
    Bravo

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.