BILLIE HOLIDAY : « SONGS FOR DISTINGUE LOVERS ».1957

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BILLIE HOLIDAY fut de son temps un phénomène social, une super star, son chant avait la capacité de transformer n’importe quel texte, à la seule condition que celui-ci lui parle. Sa voix déchirante mélancolique, rocailleuse et bouleversante, son phrasé inimitable, son intensité dramatique font d’elle, l’une des plus grandes voix du Jazz de tous les temps. BILLIE née Eleonora Fagan, naquit à Baltimore le 7 avril 1915, d’une mère âgée de 15 ans, et un père de 17.  Celui ci, guitariste de jazz ne la reconnait pas, il passe sa vie sur la route, de clubs de jazz en club de jazz.

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Dans les années 1920, elle grandit avec les jeunes talentueux jazzmen de Baltimore. Elle commence en chantant sur des enregistrements de Bessie Smith

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et Louis Armstrong. Elevée surtout par sa grand mère, à l’âge de dix ans BILLIE se fait violer par un de ses voisins. Sa grand mère meurt alors qu’elle n’est encore qu’une enfant, elle passe de mains en mains, de foyers en foyers, avant de finir au Couvent du Bon Pasteur, où elle y subit des maltraitances. Elle déménage à New York, avec sa mère qui espère y trouver un meilleur travail. Mais elle se retrouve au milieu d’un monde où règne le sexe, la drogue et la débauche. BILLIE se prostitue, et fait de la prison.

« Day In Day out« 

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A sa sortie, elle commence à chanter dans d’obscures boites de nuit de Harlem, rétribuée au pourboire. Elle se choisit un pseudonyme professionnel BILLIE HOLIDAY. Bien que n’ayant jamais appris aucune technique de chant, ni travailler sa voix, ne sachant pas lire la musique, BILLIE participe à ce qui devient alors une des scènes de jazz les plus dynamique du pays. Elle passe d’un club à l’autre, accueillant  chaque conseil avec gratitude et bienveillance. Selon les clubs, elle chante accompagnée d’un simple pianiste, ou bien d’un petit groupe de musiciens. A 18 ans, elle a acquis plus d’expérience que certains musiciens chevronnés peuvent prétendre. Mais la vie est difficile en cette période de crise économique. En 1933,  BILLIE est repéré par John Hammond, qui lui fait réaliser son premier enregistrement dans le cadre d’un groupe dirigé par le clarinettiste et chef d’orchestre Benny Goodman,

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également sous contrat. Elle enregistre deux morceaux « Your Mother’s Son In Law« , et « Riffin’ the Scotch« . Elle gagne ainsi 35 dollars. Une de ses rivales, la chanteuse Ethel Waters dira: « …Elle chante comme si ses chaussures étaient trop petites pour elle… » Un an plus tard elle chante avec Bobby Henderson à l’ Apollo Theatre, la salle branchée où l’on vient voir les futurs talents. BILLIE rencontre de nombreux musiciens dont le saxophoniste Lester Young,

« A Foggy Day« 

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ils se lient d’amitié. Lester la surnomme « Lady Day« . Les deux sillonnent les clubs du soir au matin, après leur prestation. BILLIE chante aussi avec Duke Ellington, à la même période elle rencontre le jeune saxophoniste Ben Webster

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avec qui elle a une liaison. Le 2 juillet 1935, John Hammond organise un enregistrement pour Brunswick Records, avec BILLIE et de jeunes musiciens très prometteurs, Ben Webster, Benny Goodman, le pianiste Teddy Wilson, le trompettiste John Truehart, John Kirby à la contrebasse, et le batteur Cosy Cole. Deux morceaux sortent de cette session magnifiquement enregistrés, « What a Little Moonlight Can Do » et « Miss Brown To You« . Le disque une fois gravé figure parmi les meilleures ventes de l’année.

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BILLIE installe sa mère à la tête d’un petit restaurant. La renommée arrive enfin, et BILLIE devient l’une des plus grosse vedettes de jazz de New York. Les engagements arrivent de partout, mais les grands shows lui vont moins bien que les salles plus intimistes. Mais ce n’est rien ses disques avec Lester Young se vendent bien, et bientôt BILLIE chante avec le grand orchestre de Count Basie, puis avec celui d’Artie Shaw.

« Star Fell On Alabama« 

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Mais une chanteuse noire dans un orchestre blanc, dans le Sud des Etats-Unis, ce n’est pas possible, BILLIE ne peut pas y chanter, ni y réserver une chambre d’hôtel, ni rentrer dans un restaurant. Du coup la tournée est écourtée. De retour à New York, BILLIE HOLIDAY continue de chanter dans des clubs que lui trouve John Hammond comme le Café Society sur une durée de neuf mois. C’est à cette période qu’elle se met à boire énormément, à fumer de la marijuana, et qu’elle enchaîne des liaisons avec des femmes. On la surnomme ‘Mister Holiday’.

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En 1939, un jeune professeur lui envoie un poème en lui proposant de le mettre en musique et de le chanter « Strange Fruit« , une métaphore, sur le lynchage des noirs dans la brise du Sud, des Etats-Unis, et qui y pendent comme des fruits  « Strange Fruit« 

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devient une chanson incontournable de BILLIE, et du Café Society. Le public est plongé dans le noir, les lampes de la scène sont éteintes à l’exception d’un trait de lumière qui éclaire la silhouette de BILLIE, elle chante d’une voix déchirante, uniquement accompagné par les  notes d’un piano. A la fin du morceau, pas un seul bruit au Café Society, tout le monde retient sa respiration. Puis subitement un homme ose applaudir seul, il sera rejoint, quelques secondes plus tard partout le public.

Les arbres du Sud portent un étrange fruit,
Du sang sur les feuilles et du sang aux racines,
Un corps noir qui se balance dans la brise du Sud,
Étrange fruit suspendu aux peupliers.

Scène pastorale du valeureux Sud,
Les yeux exorbités et la bouche tordue,
Parfum de magnolia doux et frais,
Puis l’odeur soudaine de chair brûlante !

C’est un fruit que les corbeaux cueillent,
Que la pluie rassemble, que le vent aspire
Que le soleil pourrit, que les arbres lâchent
C’est là une étrange et amère récolte.

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Bien que controversée, la chanson connait un immense succès. BILLIE avait eu un membre de sa famille qui avait fini pendu à un arbre, cette chanson lui tenait particulièrement à cœur. En 1941, BILLIE reprend une chanson hongroise sur le thème du suicide « Gloomy Sunday » qui devient aussi un succès.

Le dimanche est lugubre
Les heures sont agitées,
Mon très cher, les ombres

avec qui je vis sont innombrables

Les petites fleurs blanches
Ne te réveilleront jamais
Pas si le cavalier noir de la peine
T’a pris

Les anges n’ont pas pensé
À te rappeler
Seraient-ils en colère
Si je voulais te rejoindre ?

Lugubre Dimanche

Lugubre est le dimanche
Je le passe tout entier avec des ombres
Mon coeur et moi
Avons décidé d’en finir

Bientôt on dira des prières
Et les cierges sont allumés, je le sais
Ne les laissez pas pleurer
Faites-leur savoir que je suis contente de partir

La mort n’est pas un rêve
Car dans la mort je te caresse
Avec le dernier souffle de mon âme
Je te bénirai

Lugubre Dimanche

Rêver, Je rêvais seulement
Je me réveille et je te trouve endormi
Ici au fond de mon cœur

Chéri j’espère
Que mon rêve ne t’a pas hanté
Mon coeur te dit
Combien j’avais envie de toi

Lugubre Dimanche

Les années passent, BILLIE multiplie les enregistrements, les succès, et joue avec des musiciens de plus en plus connus et de stature mondiale, Roy Eldridge,

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Art Tatum, Benny Carter, Dizzy Gillespie.  En 1943, BILLIE HOLIDAY est élue meilleure chanteuse devant Mildred Bailey et Ella Fitzgerald par les lecteurs du magazine Esquire.

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Elle se marie secrètement à Jimmy Monroe, un escroc, et en plus un drogué. Il lui fait prendre de l’opium, de la cocaïne avant de se retrouver en prison. Après son divorce, c’est un autre musicien Joe Guy, qui lui fournit de l’héroïne. Juste au moment où elle signe un contrat extraordinaire avec Decca Records, et devient la première chanteuse noire à se produire au Metropolitan Opera de New York, elle devient dépendante à l’héroïne.

« One For My Baby And One For the Road« 

Photo of Billie HOLIDAY

Elle dira à cette époque « …Je suis rapidement devenue une des esclaves les mieux payées de la région mille dollars par semaine, mais je n’avais pas plus de liberté que si j’avais cueilli le coton en virginie… » La rumeur commence à courir, qu’elle ne respecte pas ses engagements, qu’elle se trompe dans les paroles de ses chansons, qu’elle arrive aux concerts toujours en retard. En 1945, Joe Guy prépare une grande tournée pour BILLIE : BILLIE HOLIDAY AND HER ORCHESTRA, la tournée bat son plein

Billie Holiday, Count Basie

 

quand BILLIE apprend la mort de sa mère, elle est effondrée, et sombre dans une dépression, se réfugiant dans l’alcool, la drogue, et arrête la tournée. A la fin de la guerre, BILLIE est au sommet, elle commence une collaboration avec le pianiste Bobby Tucker,

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ses disques se vendent très bien, elle est chez Decca Records depuis 1947. Elle triomphe au Town Hall de New York en février 1946, elle élargit son répertoire de quelques chansons indissociables de son personnage « Lover Man« , « Good Morning Heartache » et ses propres compos, « Fine & Mollow »  « Billie Blues » « Bless The Child« , Din’t Explain. On la voit tourner avec le réalisateur Arthur Lubin pour le film ‘New Orleans’,avec Louis Armstrong

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et Woody Herman. Dans ce laps de temps elle renoue avec Joe Guy, et adopte le LSD. Son impresario lui impose une cure de désintoxication dans une clinique privée, début 1947. Tout ça pour rien, quelques semaines plus tard elle est arrêtée pour possession de stupéfiants et condamnée à un an de prison. BILLIE fait un scandale inutile, sa situation financière est difficile, ses royalties ont disparus dans la drogue, et la multitudes de cafards qui l’entourent. Le 16 mars 1948, elle sort de prison pour bonne conduite, mais elle est ruinée. La justice lui a retiré sa carte de travail, et ne peut plus se produire dans les petits clubs ou tout endroit vendant de l’alcool.

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Le 27, BILLIE chante au Carnegie Hall, plus splendide que jamais, sa voix éprouvée s’est épanouie, ses éternels gardénias dans les cheveux. Elle chante jusqu’au bout de ses forces, vingt et une chansons plus six morceaux pour les rappels. Le triomphe est total. On peut l’entendre se produire à la radio, avec Lionel Hampton ou Count Basie

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au Strand Theatre. C’est une période un peu glauque, BILLIE sort avec un malfrat de seconde zone John Levy, et entretien une relation amoureuse avec Tallulah Bankhead, une comédienne issue de la bourgeoisie, mais reste malgré tout prisonnière de l’héroïne. Elle ne peut plus chanter à New York n’ayant plus sa carte de travail, donc les cachets sont beaucoup moins rémunérés, et John Levy, lui prend tout ce qu’elle gagne, et la terrorise. Grace à Tallulah

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qui fait jouer ses relations en l’occurrence J.Edgar Hoover, directeur du FBI, BILLIE évite une nouvelle fois la prison pour possession de stupéfiants à San Francisco. La police la surveille étroitement, et contrôle ses faits et gestes, la presse de son côté tire sur elle à boulets de canons. On lit dans le Down Beat en septembre 1950 « …BILLIE de nouveau dans les ennuis… » Durant les enregistrements BILLIE a beaucoup de mal à chanter juste, sa diction est empâtée par les abus d’alcool et de drogues, elle ne tient pas la cadence. Son contrat avec Decca n’est pas renouvelé, elle est dans les dettes jusqu’au cou.

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Son ‘manager’ John Levy encaisse bien les entrées d’argent, mais ne paie pas les factures. Elle le quitte, elle perd énormément d’argent, mais retrouve aussi une espèce de liberté. Ne pouvant toujours pas chanter à New York, elle fait de longues tournées. Ce n’est que vers la fin 1950, qu’elle revient au premier plan, et vers le succès en partageant l’affiche à Chicago avec Miles Davis.

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En 1951, BILLIE enregistre quelques disques pour une petite maison de production, mais les albums sont mal reçus. Elle retrouve un de ses anciens amants Louis McKay, qu’elle avait connu à Harlem. Il devient son nouveau protecteur, et fait tout pour relancer sa carrière. BILLIE s’installe sur la Côte Ouest, et signe un contrat avec le label Verve de Norman Granz. Grâce à cela elle retrouve des musiciens de talents, Charlie Shavers trompette, Barney Kessel guitare,

« Just One of Those Things« 

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Oscar Peterson piano, Ray Brown contrebase, Alvin Stoller batterie, Flip Philips au saxophone. Un enregistrement est effectué. « Billie Holiday Sings » rencontre un beau succès et d’autres sessions sont effectuées. Toujours sans permis de travail à New York, BILLIE enchaîne tournées épuisantes, et grands concerts comme à l’Apollo, et le Carnegie Hall. BILLIE concrétise un vieux rêve en 1954, en faisant sa première tournée européenne, avec Louis McKay et Carl Drinkard son pianiste, elle chante en Suède, au Danemark, en Belgique, en Allemagne, aux Pays-Bas, à Paris, en Suisse et en Angleterre où elle fait un triomphe…

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La tournée est un énorme succès, et remplie un peu les caisses. De retour elle passe au Carnegie Hall, au Festival de Jazz de Newport, à San Francisco, et à Los Angeles, et malgré l’alcool et la drogue, elle est grandiose. Elle enregistre des albums pour Verve. Le journal Down Beat, lui décerne un prix spécialement créé pour elle!  L’année suivante, elle participe aux côtés de Sarah Vaughan, Dinah Washington, Lester Youg, Billy Eckstine, Sammy Davis Jr, Stan Getz, Thelonious Monk au grand concert du Carnegie Hall en hommage au décès de Charlie Parker.

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C’est BILLIE qui termine le concert vers quatre heures du matin. En août 1955, toujours pour Verve elle enregistre un pur chef d’œuvre « Music For Torching » avec Jimmy Rowles au piano, Sweets Edison à la trompette, Barney Kessel à la guitare, Benny Carter au saxophone, John Simmons à la basse et Larry Bunker à la batterie. Ensuite elle continue sa tournée des clubs de la Côte Ouest. Arrêtée avec Louis McKay une fois de plus en 1956 pour possession de drogue, un procès est attendu. Elle profite de l’attente pour faire une énième cure de désintoxication.

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Mais sa santé se dégrade, les abus successifs l’ont fragilisée, et sa nouvelle pianiste Corky Hale racontera plus tard, son état d’épuisement, les ravages occasionnés par la drogue et l’alcool, les robes toujours à manches longues afin de cacher les traces des piqûres aux bras, aux mains, sa perte de poids, son immense fatigue, et toujours l’ivresse avant les concerts… Mais BILLIE est terrorisée par les réactions de McKay aussi pour couper court à ses angoisses et ne pas avoir à témoigner l’un contre l’autre, ils se marient en 1957 au Mexique, mais entre eux, c’est bel et bien finit. BILLIE participe une fois de plus au Festival de Newport, et à la télévision dans ‘The Sound of Jazz’ sur CBS

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avec d’autres musiciens tels que Lester Young, Coleman Hawkins, Ben Webster, Gerry Mulligan, Roy Eldridge, et Mal Waldron son nouveau pianiste. Elle enregistre un merveilleux album « Songs For Distingué Lovers« . Le jugement du tribunal rendu, douze mois de mise à l’épreuve, BILLIE demande le divorce. En février 1958 elle enregistre un nouveau chef d’œuvre intemporel « Lady in Satin« ,

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composé de chansons nouvelles et accompagné par Ray Ellis et son orchestre, à qui l’on doit également les arrangements. Un disque qui vous prend aux tripes, suivra en 1959 « Billie Holiday« . Elle passe au Festival de Monterey en octobre 1958, avant d’effectuer une nouvelle tournée européenne en novembre.

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Mais l’épuisement se fait vite sentir, elle est sifflée en Italie et son concert à l’Olympia de Paris se fait dans la douleur. BILLIE est exténuée. La tournée européenne tourne au fiasco. Elle accepte tout de même de se produire au Mars Club avec Mal Waldron au piano, Michel Gaudry à la contrebasse, le concert est malgré tout magnifique et BILLIE y rencontre un immense succès. Dans la salle on peut voir Serge Gainsbourg, Juliette Gréco et Françoise Sagan qui écrira en 1984 dans son livre ‘Avec Mon Meilleur souvenir’

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« …C’était Billie Holiday et ce n’était pas elle, elle avait maigri, elle avait vieilli, sur ses bras se rapprochaient les traces de piqûres. […] Elle chantait les yeux baissés, elle sautait un couplet. Elle se tenait au piano comme à un bastingage par une mer démontée. Les gens qui étaient là […] l’applaudirent fréquemment, ce qui lui fit jeter vers eux un regard à la fois ironique et apitoyé, un regard féroce en fait à son propre égard… »

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Cela fait maintenant de nombreuses années que BILLIE HOLIDAY est malade, des oedèmes aux jambes, mais surtout une cirrhose à un stade critique. Pourtant elle ne change pas ses mauvaises habitudes, buvant du matin au soir. Le 15 mars 1959, BILLIE apprend la mort de son ami Lester Young,

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elle est foudroyée de chagrin. Un petit mois plus tard, le 7 avril elle fête ses 44 ans. Elle honore ses contrats et se retrouve le 25 mai au Phoenix Theatre de New York pour un concert de bienfaisance. Ses amis ne la reconnaissent même pas, certains veulent même la faire hospitaliser. Elle refuse, mais le 30 mai, elle s’effondre chez elle, et se retrouve au Metropolitan Hospital de Harlem.

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En plus des maux qu’on lui connait, elle souffre d’une insuffisance rénale. Le traitement de méthadone la remet sur pied doucement, mais il lui est interdit de boire et de fumer, ce qu’elle continue de faire en cachette. Le 11 juin on découvre dans sa boîte de mouchoirs de la poudre blanche. Elle est arrêtée et son appartement sous surveillance policière. Elle sera jugée après sa convalescence. Les choses se calment, mais le 10 juillet sont état s’aggrave brusquement.

« I Din’t Know What Time It Was« 

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Infection rénale plus congestion pulmonaire. Louis McKay et l’écrivain William Dufty (auteur d’une autobiographie sur BILLIE totalement fausse) sont à son chevet. Le 15 juillet, BILLIE reçoit les derniers sacrements, le 17 à trois heures dix du matin, BILLIE HOLIDAY meurt à l’hôpital. Les funérailles se déroulent le 21 juillet 1959 en l’église St Paul. BILLIE HOLIDAY est enterrée au cimetière St.Raymond dans le Bronx. Trois mille personnes s’y bousculent.

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Durant les six mois suivant sa mort, les royalties sur les ventes de ses disques montent à cent mille dollars, ce qui permet de se faire une idée sur la somme total d’argent que BILLIE a pu dépenser, ainsi que des sommes dont elle a été spoliée. BILLIE HOLIDAY reste aujourd’hui encore considérée comme l’expression la plus aboutie de la musique chantée noire américaine.

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« Songs For Distingué Lovers » est réalisé en 1957 sur le label Verve Records. Enregistré au Capitol Studios de Los Angeles du 3 au 9 janvier, et produit par Norman Granz. BILLIE HOLIDAY et Granz ont choisi pour cet album, des morceaux familiers du Grand Répertoire Américain de musique populaire.

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BILLIE chante dans un contexte qu’elle aime, celui d’un petit jazz band. Six standards, qui réunissent des musiciens bien connus de BILLIE, Eddy Edison – trompette, Ben Webster – saxophone, Jimmy Rowles – piano, Barney Kessel – guitare, Red Mitchell – basse, Alvin Stoller – batterie. (Joe Moondragon – bass & Larry Bunker – batterie sur les morceaux 3, 4 & 5).

 Je veux maintenant vous faire écouter une chanson, qui fait partie de mes préférées, tous styles confondus. C’est un standard du Jazz, et les trois versions les plus belles, qui vous donnent la « chair de poule », sont celles de Ella Fitzgerald, de Frank Sinatra (dont je suis un grand fan, comme d’Ella d’ailleurs), et celle de BILLIE HOLIDAY. Voici donc sa version de

« I’m A Fool To Want You« 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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